Des affrontements récents entre gangs dans le nord de Port-au-Prince ont engendré le déplacement de 5 300 personnes en moins de trois jours, selon les informations communiquées par l’OIM le 13 mai. Face à la montée de la violence, Médecins sans frontières a été contraint d’évacuer son personnel après avoir soigné plus de 40 blessés par balles en seulement 12 heures.
Cette escalade de violences armées a frappé des quartiers situés au nord de la capitale haïtienne. Comme le rapporte Fritznel Pierre, un responsable d'une organisation de défense des droits humains, « des maisons ont été pillées et incendiées, plusieurs boutiques et écoles ont subi des actes de vandalisme », a-t-il décrit lors d'une interview sur la radio locale Magik 9.
Sarah Chateau, la responsable des opérations de Médecins sans frontières en Haïti, a exprimé son inquiétude : « Autant de blessés par balles en si peu de temps, c'est sans précédent ». La situation s'aggrave dans un pays déjà affligé par des conflits incessants, où les gangs intensifient régulièrement leurs attaques, commettent des enlèvements et perpètrent des agressions sexuelles.
Mercredi, plusieurs quartiers du nord de Port-au-Prince étaient toujours le théâtre d’affrontements armés, en dépit de l'envoi d’unités policières pour restaurer la sécurité, a déclaré une source au sein de la police. Ces violences ont également forcé des établissements de santé, comme un hôpital géré par Médecins sans frontières, à suspendre leurs activités et à évacuer leur personnel par précaution.
« Nous avons reçu un flux considérable de blessés par balles, à tel point que l’hôpital de Fontaine a dû fermer ses portes et transférer ses patients », raconte Sarah Chateau, ajoutant que « chaque fois que nous ouvrions nos portes, des membres du public affluaient pour recevoir des soins ».
Nouvelle force de lutte en déploiement
Sarah Chateau a qualifié l'évacuation de « stressante », soulignant que des « balles perdues pleuvaient autour de nous ». « Nous n'étions pas plus en sécurité à l’intérieur, un de nos agents de sécurité a été touché par une balle perdue », a-t-elle relaté.
Farhan Haq, porte-parole adjoint du secrétaire général des Nations Unies a confirmé que plus de 40 personnes avaient été soignées pour blessures par balles en moins de 12 heures. Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) travaille à élaborer « une réponse humanitaire collective dans un contexte extrêmement volatile ».
Parallèlement, une nouvelle force multinationale, remplaçant la Mission multinationale de soutien à la police haïtienne (MMAS), est en cours de déploiement. Toutefois, jusqu'à présent, seul un contingent de 400 soldats tchadiens est arrivé sur le sol haïtien, soulignant la lenteur et l'insuffisance des moyens mobilisés.
Les quartiers du nord de Port-au-Prince, en particulier Cité Soleil, avaient déjà été le théâtre de violences en mars et avril derniers, provoquant le déplacement de près de 8000 personnes selon les estimations de l'ONU. L’ampleur et la continuité de ces conflits illustrent la profondeur de la crise que subit le pays, confronté à des défis humanitaires majeurs.







