Dans un parallèle surprenant avec le film "Les Oiseaux" d'Alfred Hitchcock, une multitude de paons quadrille les rues pittoresques de Punta Marina, un charmant village de la région d'Émilie-Romagne, près de Ravenne, captivant certains habitants tout en exaspérant d'autres.
Ces splendides oiseaux, célèbres pour leur plumage étincelant, prennent place sur les toits et les clôtures de ce village balnéaire. Bien que l'on ne dispose pas de chiffres officiels, on estime à environ 120 le nombre de ces volatiles, qui prospèrent sans prédateurs à l'horizon, selon le quotidien local Il Resto del Carlino.
Marco Manzoli, un retraité de 81 ans, exprime son désespoir face à l'augmentation de cette population animale, qu'il qualifie d'"envahissante". "Ils perturbent notre sommeil et salissent les trottoirs. On dirait que l'on marche dans des montagnes de crème glacée", a-t-il confié à l'AFP. L'anecdotique se transforme rapidement en problématique pour les habitants.
Observant ces majestueux oiseaux flâner à un carrefour, M. Manzoli s'inquiète du fait que leur comportement pourrait faire fuir les touristes. "Ces paons grimpent sur les voitures et les griffent, je crains que les vacanciers ne choisissent plus notre village s'ils n'ont pas de garage", explique-t-il, soulignant les tensions croissantes entre cohabitation et tranquillité.
De son côté, Claudio Ianiero, pâtissier de 64 ans, rappelle qu'autrefois, les paons vivaient principalement dans une pinède proche. "Ils ont cherché à fuir leurs prédateurs comme les loups et les renards, mais ici, ils n'ont plus d'ennemis naturels", a-t-il précisé. Bien qu’il reconnaisse l’augmentation de leur nombre comme un défi, il insiste sur l'harmonie qui a historiquement régné entre les habitants et ces oiseaux colorés.
Mara Capasso, caissière de 57 ans, expose une vision différente. Selon elle, la présence de ces paons a scindé la communauté en deux camps. "Pour plusieurs, leur chant nocturne est un véritable cauchemar. Ils devraient retourner dans leur habitat naturel, loin des routes bétonnées", soutient-elle.
La mairie de Ravenne, responsable de Punta Marina, a déjà tenté diverses méthodes de contrôle de la population aviaire, sans succès. Une tentative de relocalisation en 2022 a échoué en raison des pressions des associations animales, selon l'Agence France-Presse.
Pourtant, un nouvel espoir émerge : M. Ianiero rapporte avoir reçu des demandes d'adoption en provenance de toute l'Italie. Bien que la municipalité ait lancé une initiative pour favoriser une cohabitation pacifique, Emanuele Crescentini, 50 ans, estime que des raisons plus concrètes doivent être mises en œuvre.
Autoproclamé "garde forestier" des paons, il parcourt les rues pour protéger ces oiseaux de la colère des habitants. "Ce village regorge d'espace, et ils pourraient vivre sans causer de problèmes", conclut-il. Sa vision d'une coexistence harmonieuse incarne l'espoir d'un avenir où humains et paons vivraient en symbiose.







