Mercredi, l'armée israélienne a intensifié ses attaques au Liban, faisant état de 22 morts, selon le ministère libanais de la Santé, et ce malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril.
Ces bombardements, touchant plus de 30 localités, surviennent alors que le Liban et Israël, qui ne disposent d'aucune relation diplomatique, s'apprêtent à entamer des discussions à Washington sous l'égide des États-Unis. Le mouvement Hezbollah, pro-iranien, se oppose à ces pourparlers.
Parmi les victimes, huit personnes, dont deux enfants, ont été tuées dans des attaques ciblant trois véhicules à une vingtaine de kilomètres au sud de Beyrouth, d'après le ministère de la Santé.
Les frappes ont également visé des voitures sur une autoroute fréquentée reliant Beyrouth au sud et une troisième dans la même zone. Un photographe de l'AFP a observé une voiture calcinée et des secouristes récupérant un corps.
Une autre attaque a eu lieu à l'entrée de Saïda, causant un mort et un blessé. En outre, des frappes dans la région de Tyr ont tué trois autres personnes, selon les sources officielles.
Le bilan des morts a continué d’augmenter dans la soirée, atteignant douze décès supplémentaires, dont des enfants et des femmes. À Arab Salim, par exemple, six personnes ont perdu la vie dans des frappes.
Au total, depuis le début de la trêve, plus de 400 personnes ont été tuées, comme l'indique un décompte de l'AFP. Le Conseil national de la recherche scientifique (CNRS) a également rapporté que plus de 10 000 habitations avaient été soit détruites, soit endommagées.
- Ordres d'évacuation -
L'armée israélienne a donné mercredi deux ordres d'évacuation pour le sud, touchant initialement six villages, puis trois autres. "Tsahal" a annoncé cibler des infrastructures du Hezbollah. Les témoins à Tyr ont noté une épaisse fumée au-dessus de la région.
Le Hezbollah a revendiqué plusieurs frappes contre l'armée israélienne, y compris des attaques utilisant des drones explosifs. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a exprimé son inquiétude quant à l'intensification des activités militaires dans le sud.
Selon la Finul, l'utilisation croissante de drones par le Hezbollah a entraîné des incidents autour de ses bases, mettant en danger la vie des Casques bleus. Ce phénomène est accentué par l'utilisation de drones à fibre optique peu coûteux par le Hezbollah.
Israël a mis en place une "ligne jaune" à environ dix kilomètres de la frontière libanaise, arguant de sa nécessité pour assurer la sécurité de ses troupes. Un porte-parole militaire a précisé qu'Israël se réserve le droit d'agir "en légitime défense" selon les termes de l'accord de cessez-le-feu, une clause que le Hezbollah conteste.
Le Liban a sollicité l'aide des États-Unis pour exercer des pressions sur Israël en vue d'un arrêt des frappes, juste avant le début des négociations. Depuis la guerre régionale déclenchée par le Hezbollah le 2 mars, le bilan des victimes est alarmant, atteignant 2 882, dont 200 enfants, selon les autorités locales.
Le Hezbollah a confirmé que ce chiffre inclut ses propres pertes.







