Sur un écran géant installé sur la place de la République à Erevan, des images illustrent la montée des tensions politiques à l'approche du vote. Lors d'un meeting du parti Arménie Forte, dirigé par le milliardaire russo-arménien Samvel Karapetyan, des vidéos manipulées par intelligence artificielle ont été diffusées, dépeignant le Premier ministre Nikol Pachinian entouré de drapeaux azerbaïdjanais et en train d'accueillir des Azéris dans le pays.
Karapetyan, assigné à résidence depuis 2025 pour avoir appelé au coup d'État, a centré sa campagne sur la préservation des valeurs traditionnelles et le renforcement des relations avec Moscou. Sa popularité a été alimentée par un désir croissant de protection face à la menace azerbaïdjanaise et la crainte d'une ouverture des frontières avec la Turquie, une annexe de l'actuelle politique arménienne.
Polarisation politique et pressions extérieures
Les élections se déroulent dans un climat de tensions palpables. Les récents affrontements au Haut-Karabagh ont ravivé des blessures anciennes, et beaucoup reprochent à Pachinian d’avoir capitulé face à l'Azerbaïdjan. Selon des sondages, bien que le parti de Pachinian soit en tête, un pourcentage significatif d’électeurs reste indécis, avec 23 % d’entre eux doutant de leur choix. Cela témoigne de l’incertitude qui plane sur l'avenir politique de la nation, entre tradition et modernité, entre Moscou et l'Occident.
"La paix passe par de difficiles compromis, mais il est crucial de préserver notre identité nationale", déclare Monica Darbinyan, étudiante en sciences politiques.
Du côté du gouvernement, Pachinian continue de prôner une vision d’« Arménie réelle », cherchant à établir des relations avec l'Union européenne, malgré les pressions russes.
L'ingérence du Kremlin
La campagne électorale a également été entachée par des ingérences russes, identifiées dans plus de 435 opérations à travers le pays. Une rumeur infondée a circulé, alimentant la méfiance à l'égard de Pachinian, le dépeignant comme ayant acheté une villa luxueuse sur la Côte d'Azur. Dans ce contexte tendu, chaque voix peut avoir un impact déterminant sur l'issue de ces élections.
Ce scrutin est surveillé de près, non seulement par les acteurs internes mais aussi par des observateurs internationaux, chacun espérant que l'Arménie puisse se dessiner un avenir paisible, loin des conflits et des influences néfastes.







