Israël a effectué des frappes aériennes sur l'Iran lundi, en dépit des appels à la retenue formulés par Donald Trump, après avoir été la cible de missiles lancés par Téhéran pour la première fois depuis la trêve au Moyen-Orient. Cette escalade alarme la communauté internationale, d'autant plus qu'elle survient après 100 jours de conflit et à peine deux mois après l'instauration d'un cessez-le-feu déjà fragile.
Des explosions ont été entendues à Téhéran ainsi que dans les villes de Tabriz et Ispahan, selon la télévision d'État. L'armée israélienne a confirmé qu'elle avait ciblé des installations militaires du "régime terroriste iranien" dans l'ouest et le centre du pays. Préparés à agir, les militaires israéliens avaient averti qu'ils répondraient avec force aux tirs de missiles, que l'armée a affirmé avoir interceptés.
Ces frappes font suite à une escalade réciproque, Téhéran ayant qualifié ses attaques de "message d'avertissement" en réponse à un bombardement israélien sur le sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah, qui avait causé des pertes humaines malgré un cessez-le-feu de façade. Loin d'éteindre les tensions, la situation s'envenime, et la diplomatie américaine tente de démêler les différents fronts.
Effie Defrin, porte-parole de l'armée israélienne, a déclaré lors d'une allocution télévisée que "le régime iranien a fait une grave erreur en optant pour le terrorisme". Ce point de tension n'est pas sans conséquences sur le fragile consensus diplomatique, alors que les discussions entre Washington et Téhéran patinent, laissant les deux pays dans une spirale de représailles.
Cette escalade a poussé Donald Trump à entrer en contact avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Selon le média Axios, Trump a exprimé son désir d'éviter une riposte israélienne qui pourrait compromettre les négociations en cours. "Nous sommes tout près d'un bon accord avec l'Iran. Je ne veux pas que cela soit gâché à cause des événements actuels", aurait-il déclaré, soulignant l’urgence d'un apaisement.
Les réactions politiques s'enchaînent, Yvette Cooper, cheffe de la diplomatie britannique, appelant à la retenue et à la désescalade immédiate, affirmant qu'aucune des parties n'y gagnerait. L’Iran, quant à lui, a annoncé des menaces contre les intérêts américains et israéliens dans la région, éloignant davantage l’ombre d’un éventuel accord de paix.
À l’arrière-plan, des mesures de sécurité sont renforcées : Israël a fermé toutes ses écoles et l’espace aérien de l’Irak ainsi que celui de la Syrie a été temporairement suspendu. De plus, l'Iran a mis en place une fermeture des accès aériens depuis son territoire pour une durée indéfinie, les tensions s'étendant à plusieurs fronts.
Alors que l'incertitude règne à Téhéran, des négociations continuent malgré la montée des tensions. Ces derniers jours, des représentants diplomatiques, tel que le ministre pakistanais de l’Intérieur, ont visité Téhéran, suggérant des discussions en cours pour apaiser la situation. Toutefois, beaucoup craignent que les tensions actuelles, exacerbées par des manœuvres militaires, ne débouchent sur un véritable conflit.
Dans un climat d'anxiété, des habitants comme Farhad, chef cuisinier de 35 ans, constatent les conséquences de cette instabilité. "Il n'y a pas de fin en vue. C'est comme si nous étions pris dans un cycle sans issue, entre missiles et drones", confie-t-il à l'AFP, illustrant ainsi le désespoir qui s'est installé dans la région.







