Lundi, le président chinois Xi Jinping a fait une entrée triomphale en Corée du Nord, sa première visite depuis 2019, à un moment où Pyongyang renforce son allégeance à Moscou tout en insistant sur son programme nucléaire. Ce rapprochement stratégique a des implications multiples pour la région.
Malgré les sanctions de l'ONU qui pèsent sur Pyongyang, la Chine demeure un partenaire essentiel en matière de soutien diplomatique, économique et politique. De son côté, Kim Jong Un ne cache pas son rapprochement avec la Russie, notamment par le soutien de soldats nord-coréens aux forces russes en Ukraine.
En septembre dernier, lors d'une cérémonie à Pékin, Kim a été vu aux côtés de Xi Jinping et du président russe Vladimir Poutine, soulignant son statut accru et son rôle sur la scène internationale.
Cependant, Xi Jinping a affirmé dans un article publié lundi dans le Rodong Sinmun, le journal officiel nord-coréen, que l'amitié traditionnelle entre la Chine et la Corée du Nord est "invincible", offrant une vision positive de la relation bilatérale.
À son arrivée, Xi Jinping a été accueilli par Kim Jong Un et sa femme, Ri Sol-ju. Leurs arrivées ont été marquées par des festivités grandioses : des portraits géants des dirigeants ornaient la place Kim Il Sung, tandis que des soldats en uniforme et des enfants en costumes colorés applaudirent son entrée.
Les hymnes nationaux ont résonné alors qu'une fanfare militaire a salué l'événement. En inspectant la garde d'honneur, Xi a été entouré d'une foule enthousiaste brandissant drapeaux et fleurs, un spectacle relayé par CCTV.
Cette visite intervient à un moment critique : moins d'un mois après que Donald Trump et Vladimir Poutine ont visité Pékin, et alors que les négociations nucléaires entre Pyongyang et Washington stagnent. Kim Yo Jong, la sœur influente de Kim Jong Un, a fermement réaffirmé que le pays ne renoncerait pas à ses armes nucléaires.
La Maison Blanche a, quant à elle, noté que Xi et Trump avaient "confirmé leur objectif commun de dénucléarisation" lors de discussions précédentes, mais sans écho du côté chinois.
Depuis l'échec du sommet Kim-Trump en 2019, la Corée du Nord a déclaré son statut atomique "irréversible". Le président sud-coréen progressiste Lee Jae Myung a insisté sur la nécessité de ne pas abandonner la dénucléarisation, subjectivement préoccupé par un potentiel effet domino en Asie de l'Est.
"La Corée du Nord continue de produire des matières nucléaires", a averti M. Lee, soulignant l'inefficacité des sanctions internationales.
Minseon Ku, professeure à l'université DePaul, estime que Beijing pourrait avoir accepté la Corée du Nord comme un État nucléaire. Cependant, elle souligne que la priorité de Xi Jinping reste la stabilité régionale.
M. Xi, accompagné de personnalités clés comme le ministre des Affaires étrangères Wang Yi, tentera de réaffirmer l'importance de l'alliance sino-nord-coréenne à un moment où Pyongyang se rapproche de Moscou.
Seong-Hyon Lee, chercheur à Harvard, note que la Chine adopte un plan stratégique pour assurer la durabilité du régime nord-coréen plutôt que de se concentrer exclusivement sur la dénucléarisation.
La stabilité régionale est cruciale pour la Chine, qui évalue les interactions avec les États-Unis dans un contexte de tensions croissantes.
Pour sa part, Jun Sang-gab, un guide touristique sud-coréen, espère une ouverture économique de Pyongyang, qui s'inspire du modèle chinois, évitant ainsi des conflits majeurs entre les deux nations.







