Dans le contexte des failles révélées par l’affaire Lyhanna, Linda Kebbab, secrétaire nationale du syndicat de police UNI1TÉ, a exprimé ses préoccupations sur RTL, ce lundi 8 juin. Elle attire l’attention sur le manque alarmant de ressources allouées aux forces de l’ordre, une situation qui ne peut plus durer.
L'affaire en question met en lumière des dysfonctionnements profondément ancrés, pointés du doigt jusqu’aux plus hauts niveaux de l'État. Linda Kebbab dénonce les insuffisances budgétaires et opérationnelles des forces de police. Sur les réseaux sociaux, elle a partagé une image illustrant la charge de travail d'un policier de la brigade de protection de la famille, où l'on voit une pile de dossiers de viols sur mineur, une révélation qui fait froid dans le dos.
« Nous alertons depuis des années », souligne-t-elle. « Sans moyens adéquats, il est impossible d’exercer notre mission correctement, et ce n'est pas seulement une question de personnel », ajoute-t-elle avec frustration.
En ce qui concerne spécifiquement l'affaire Lyhanna, elle refuse de jeter la pierre sur les gendarmes, soulignant que l'instruction est toujours en cours. « Peut-être qu’il aurait fallu agir plus rapidement, mais il est essentiel de ne pas tirer de conclusions hâtives », explique-t-elle. Toutefois, elle ne cache pas son indignation face aux manques criants de moyens. « Chaque jour, les policiers jonglent avec leurs dossiers, en espérant que leur choix soit le bon », déplore-t-elle. « Peut-on vraiment leur en vouloir ? Non, mais on peut et on doit blâmer le système. »
C'est le système le problème
La situation révélée par l’affaire Lyhanna est d’autant plus troublante qu’elle implique un principal suspect, Jérôme B., âgé de 41 ans. Quatre plaintes pour viols sur mineurs ainsi que deux signalements, dont un pour "comportement inapproprié" envers une lycéenne, visent cet individu. Étonnamment, malgré des accusations grave, il n’a jamais été entendu par les enquêteurs avant ces évènements tragiques. Selon les informations relayées par la procureure de la République d’Auch, Jérôme B. avait déjà fait l’objet de plaintes pour des faits similaires en 2022 et 2025, bien que la première ait été classée sans suite.
Cette deuxième plainte, déposée en août 2025, a provoqué une onde de choc au niveau local. Bien que ses allégations aient été transmises au parquet d'Auch, la lenteur administrative a suscité de vives réactions, avec des résidents de Fleurance exprimant leur colère face à cette inaction. La procureure a confirmé que le dossier n’est arrivé à la gendarmerie qu’en janvier 2026.
Les dysfonctionnements étant devenus insupportables, ils attirent désormais l’attention au plus haut niveau de l'État. Gérald Darmanin a exprimé sa colère face au traitement de Jérôme B. et a convoqué une réunion d’urgence des procureurs généraux. Linda Kebbab résume la situation en déclarant que les politiques semblent "complètement déconnectés des besoins" et choisissent de détourner le regard. Elle conclut avec une mise en garde non moins inquiétante : "C'est le système qui pose problème."







