Près de six mois après le tragique incendie du Constellation à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 41 personnes et fait 115 blessés durant la nuit du Nouvel An, les premières conclusions d'autopsie jettent une lumière nouvelle sur cette catastrophe à la fois terrible et complexe. Les analyses sur deux victimes montrent une intoxication aiguë due aux fumées, selon Neue Zürcher Zeitung (NZZ), ce qui renforce la douleur des familles des victimes.
Les autopsies, menées sur demande du parquet valaisan, révèlent que certaines victimes ont inhalé des niveaux de monoxyde de carbone records — allant jusqu'à 70 % dans le sang. Pour mettre cela en perspective, un taux normal chez un non-fumeur ne dépasse généralement pas 1,5 %. Ces résultats confirment l’hypothèse des enquêteurs qui soutiennent que les décès ne sont pas directement dus aux flammes, mais à la densité de la fumée engendrée par l’incendie.
Aucune trace d'alcool retrouvée
Les analyses toxicologiques des victimes, y compris celles des six ressortissants italiens, n'ont révélé aucune trace d'alcool ou de drogues dans le sang, mais indiquent des niveaux élevés de caféine. Cela pourrait suggérer que ces personnes étaient en état d'alerte au moment où l'incendie a éclaté. Cette découverte revêt une importance capitale, car elle pourrait orienter les enquêteurs sur l'état d'esprit des victimes lorsqu'elles ont été prises au piège dans le sous-sol du Constellation.
Une mousse dont les dangers étaient connus ?
Dans le cadre de l'enquête, les époux Moretti, propriétaires de l'établissement, font face à des accusations d'homicide involontaire et d'incendie par négligence. Lors d'un interrogatoire, Jacques Moretti a affirmé que la mousse phonique installée dans le sous-sol comportait peu de risques, allant jusqu'à affirmer qu’il l'avait testée avec un chalumeau. Pourtant, la négligence apparente met en lumière des échanges datant de 2019 entre Jessica Moretti et un employé, qui évoquent des dangers liés aux bougies, détonnant avec leur argumentation actuelle.
La poursuite a de plus demandé le requalification des charges en meurtre par dol éventuel, soulignant une possible prise de conscience des risques par les accusés. Ce changement de stratégie pourrait avoir de lourdes conséquences pour les Moretti, alors que quatorze individus, y compris des élus locaux, sont actuellement sous enquête pour divers chefs d'accusation.







