Au cœur de Gaza-ville, la Smile Kitchen Academy, une école de cuisine emblématique, reprend vie malgré des circonstances précaires. Les étudiants, vêtus de blouses blanches décorées d'un drapeau palestinien, s'initié à la cuisine. La seule chose qui rappelle les difficultés auxquelles ils font face est l'absence inquiétante des ingrédients nécessaires.
Nabil al-Shawaf, le chef de l’établissement, jongle avec les ressources disponibles sur le marché pour composer ses cours. Ce jour-là, il a réussi à obtenir des poivrons, des piments jalapeño et de la sauce tomate.
Les étudiants s’entraînent à préparer des recettes variées, allant de la mayonnaise aux sauces épicées. L’école, créée en 2016, a émané de la créativité d'un groupe de passionnés. Cependant, elle a connu plusieurs revers, ayant été détruite par des bombardements israéliens en 2021 et en 2023, suite à l'escalade du conflit entre Israël et le mouvement islamiste Hamas.
Rouverte récemment après trois années de fermeture, la Smile Kitchen Academy fait face aux défis quotidiens générés par la pénurie de matières premières et des coûts élevés de l'électricité et du carburant. Nabil al-Shawaf regrette que ces facteurs entravent la capacité à offrir une formation de qualité en arts culinaires.
La situation à Gaza est alarmante, avec environ 75 % des terres agricoles détruites ou endommagées depuis octobre 2023, rapportait la FAO. De surcroît, la gestion des frontières par Israël limite l'accès à des denrées alimentaires essentielles, provoquant ainsi des pénuries critiques dans la région.
« Nous avons connu la famine et le déplacement à cause des conflits », se remémore Huda Zamo, une étudiante déterminée, qui a choisi de se réorienter vers la cuisine après avoir perdu son activité de vente en ligne. Sa passion pour la gastronomie lui permet d’explorer des recettes variées qui divergeraient des saveurs locales.
Actuellement, l'ONU estime qu'environ 1,6 million des 2,1 millions d'habitants de Gaza souffrent d'insécurité alimentaire aiguë, une situation exacerbée par les restrictions pesant sur l'importation de nourriture.
Avec le cessez-le-feu fragile, des camions de denrées parviennent désormais plus facilement à Gaza. Cependant, le coût de ces produits reste prohibitif pour la majorité des Gazaouis.
Ahmed Abou Taha, directeur de l'école, exprime son admiration face à l'engagement des étudiants, qui nourrissent des aspirations malgré les défis. Après une formation d'un an, les diplômés auront l'opportunité de travailler dans des restaurants tant localement qu'à l'international grâce à un partenariat avec Worldchefs, une organisation reconnue.
« Ce que nous apprenons ici peut être appliqué dans le monde entier », déclare Huda zamo. « Si Dieu le veut, cela portera ses fruits à l'avenir », conclut-elle, avec un sourire plein d'espoir.







