Les secours s'intensifient jeudi soir au Venezuela alors que des équipes fouillent les décombres d'immeubles effondrés, à la recherche de survivants après un double séisme d'une intensité exceptionnelle. Au moins 235 personnes ont perdu la vie, selon les derniers chiffres fournis par les autorités.
Le ministre de la Santé, Carlos Alvarado, a déclaré sur les ondes de la télévision d'État : "Nous avons enregistré près de 235 patients arrivés sans signes vitaux ou décédés dès leur arrivée dans nos centres de santé".
Le nombre de blessés est quant à lui estimé à environ 1 520, un chiffre qui pourrait évoluer à mesure que les recherches avancent. Les images diffusées par l'AFP témoignent de scènes horrifiantes, avec des bâtiments à terre et des quartiers complètement dévastés, laissant planer le risque d'un bilan encore plus lourd.
La région la plus touchée se situe autour de La Guaira, au nord de Caracas, où des infrastructures essentielles, comme l'aéroport international de Maiquetia, ont subi des dommages considérables au point d'être fermées temporairement. La ville côtière de Catia la Mar est particulièrement touchée, plusieurs immeubles se sont effondrés, laissant les habitants dans une profonde détresse.
Antonio Bermudez, un résidant de la zone, explique : "J'entends une jeune femme nommée Jennifer, coincée au onzième étage, mais malheureusement, nous manquons d'outils pour l'aider".
D'autres, comme Lisbeth Vazquez, relatent des instants de terreur : "Nous avons réussi à nous échapper par les fenêtres alors que notre immeuble s'enfonçait dans le sol, mais de nombreux voisins, eux, sont restés coincés". Larry Rojas, ébranlé, déclare : "Nous n'avons aucune ressource pour avancer, et mes proches sont là-dessous".
La réponse internationale s'organise rapidement. Les États-Unis, par la voix de leur secrétaire d'État Marco Rubio, ont promis une aide "importante, rapide et efficace", mobilisant à cette occasion des ressources financières de 150 millions de dollars et le déploiement de secouristes. De plus, l’armée américain a annoncé l’envoi de navires, avions et hélicoptères pour soutenir les efforts de secours.
Le Brésil, touché par la perte de deux de ses ressortissants, a également proposé son aide, tout comme de nombreux pays tels que la Chine, l'Inde, et plusieurs nations européennes et latino-américaines.
Face à cette tragédie, la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a déclaré l'état d'urgence dans le pays, peu après que deux fortes secousses de 7,2 et 7,5 sur l'échelle de Richter ont frappé la région. Selon le US Geological Survey, ce séisme est le plus puissant enregistré au Venezuela depuis 1900.
Kit de survie attendu : alors que la première secousse a touché à une profondeur de 21,9 km, plus de 39 secondes plus tard, une deuxième secousse s’est produite à seulement 10 km de profondeur, suivie de plusieurs répliques. Dans la capitale, beaucoup de gens ont passé la nuit à la belle étoile, inquiets des répliques qui pourraient survenir.
La situation n'est pas sans conséquences : des actes de pillage ont été rapportés à Catia la Mar, où certains habitants ont profité de l’anarchie pour vider certains magasins. En outre, la coupure d'électricité s'est généralisée, poussant le ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, à ordonner l'arrêt de l'approvisionnement en gaz pour éviter tout risque supplémentaire.
Alors que la majeure partie des commerces demeurait fermée et la circulation se densifiait jeudi, les habitants de Caracas cherchent désespérément des lieux sûrs loin des bâtiments instables.
Une voix d'avertissement s'est faite entendre : "Ça tremble encore !", ont alerté les résidents lors d'une nouvelle réplique au-dessus des restes des immeubles. D’après Tom Fletcher, secrétaire adjoint de l’ONU, cette catastrophe ne fait qu'aggraver une situation déjà désastreuse pour près de huit millions de Vénézuéliens, qui étaient en besoin d'assistance humaine avant même le tremblement de terre.
Bien que l'aéroport de Maiquetia soit temporairement hors d'usage, l'aéroport militaire de La Carlota pourrait jouer un rôle crucial dans la coordination des efforts internationaux d'aide.







