Lors d'une récente tournée dans les pays du Golfe, Marco Rubio, secrétaire d'État américain, a réaffirmé que toute négociation avec l'Iran ne devait pas se réaliser à "n'importe quel prix". Cette déclaration, faite à Bahreïn, souligne les inquiétudes américaines concernant un potentiel "chaos total" si Téhéran décidait d'imposer des péages dans le détroit d'Ormuz, un corridor vital pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Le secrétaire d'État a cherché à réconforter les alliés des États-Unis dans la région, alors que des discussions entre Iraniens et Américains ont débuté la semaine dernière à Genève pour établir un accord durable, suite à la signature d'un protocole d'accord le 17 juin. "Nous souhaitons un accord, mais nous ne sommes pas prêts à sacrifier la sécurité de la région", a expliqué Rubio devant ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
Le détroit d'Ormuz, qui s'étend sur environ 30 kilomètres entre l'Iran et Oman, est crucial, avec près de 20% des échanges mondiaux d'hydrocarbures transitant par cette voie. Rubio a déclaré : "Si nous permettons à un pays de imposer des frais de passage sur une voie maritime internationale simplement parce qu'elle se trouve à proximité de ses eaux territoriales, ce precedent pourrait se répandre à l'échelle mondiale, comme une épidémie".
Parallèlement, la situation s'est tendue avec Oman, qui a clairement indiqué qu'aucun frais de péage ne serait imposé dans les futurs arrangements concernant le détroit, tout en envisageant de créer un "corridor maritime temporaire" en coopération avec l'ONU. Cependant, les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé de réagir à toute traversée non autorisée de la part de navires.
Les tensions ne se limitent pas à Ormuz, les pays du Golfe se préoccupent également du programme balistique iranien et du soutien de Téhéran à divers groupes armés dans la région. Les ministres des affaires étrangères du CCG ont exprimé leur souhait d'inclure ces préoccupations dans les discussions avec l'Iran, affirmant qu'une paix durable nécessite de traiter toutes les menaces posées par Téhéran.
Le trafic maritime à Ormuz a fortement augmenté depuis le cessez-le-feu, avec 70 passages reportés mercredi par la plateforme Kpler. Ce regain d'activité a entraîné une chute des prix du pétrole, qui avait atteint des sommets en raison de la situation sécuritaire.
Le protocole d'accord permet actuellement 60 jours de négociations pour un règlement durable, avec une rencontre technique prévue les 29 ou 30 juin en Suisse. Cependant, des critiques de la part des législateurs américains émergent concernant les concessions faites par l'administration Trump, qui cherche à mettre fin à ce conflit impopulaire.
La Maison Blanche a également sollicité une augmentation budgétaire d'environ 88 milliards de dollars afin de renouveler ses stocks de munitions. En outre, des désaccords persistent sur le dossier nucléaire iranien, Téhéran affirmant son droit à un programme nucléaire civil tout en niant toute intention de développer des armes atomiques, ce que redoutent les Occidentaux.
Concernant le Liban, l'Iran a exigé son inclusion dans le protocole d'accord. Cependant, le Hezbollah accuse Israël de nouvelles violations du cessez-le-feu, tandis qu'Israël maintient qu'il ne se retirera pas du Liban tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé.







