Des pays comme l'Ouganda, le Burkina Faso, le Niger, le Sénégal et le Ghana ont récemment introduit des législations sévères contre l'homosexualité. Cette vague de répression représente une première pour certains de ces États et s'inscrit dans une tendance alarmante à la criminalisation des droits des personnes LGBT+ à travers le continent africain. Actuellement, seulement 20 des 54 pays d'Afrique ne pénalisent pas l'homosexualité, illustrant un tableau préoccupant.
Quelles lois ?
En 2023, l'Ouganda a adopté une des lois anti-LGBT+ les plus sévères au monde, qualifiant l'homosexualité aggravée de crime passible de la peine de mort, bien que celle-ci ne soit plus appliquée depuis des années. En septembre 2025, le Burkina Faso a également voté une loi prévoyant jusqu'à cinq ans de prison pour les personnes reconnues coupables de pratiques homosexuelles. Le Niger a emboîté le pas en février dernier avec un nouveau code pénal également répressif, et le Sénégal a récemment doublé sa peine pour les relations homosexuelles, d'une durée de cinq à dix ans. Au Ghana, les sanctions peuvent inclure jusqu'à trois ans de prison pour les relations homosexuelles et jusqu'à cinq pour la promotion des mouvements LGBT+.
De plus, un projet de « Charte pour la famille, la souveraineté et les valeurs africaines », prônant des idéaux conservateurs, est en cours de discussion, témoignant d'une volonté croissante de renforcer les positions conservatrices sur le continent. Ce sujet a été abordé lors de la Quatrième Conférence interparlementaire africaine en juin dernier à Accra.
Quelles causes ?
Selon Agather Athuaire, défenseure des droits humains en Ouganda, ces lois répondent à des motivations électoralistes : « Les dirigeants savent que leur société est profondément homophobe et cherchent à gagner les faveur des électeurs », a-t-elle déclaré à l'AFP. Marame Kane, experte franco-sénégalaise, souligne aussi que les personnes LGBT+ sont utilisées comme des boucs émissaires pour détourner l'attention des problématiques sociales pressantes.
El Hadj Souleymane Gassama, sociologue sénégalais, ajoute que la détérioration économique et la montée des tensions sociales ont poussé les autorités à se concentrer sur des sujets comme l'homosexualité pour créer une forme de consensus dans les débats politiques. Marame Kane mentionne également que des financements conservateurs américains ont pu influencer l'instauration de ces lois.
Pourquoi maintenant ?
Dans certains pays africains, l'homosexualité est souvent décrite comme un outil utilisé par l'Occident pour imposer des valeurs jugées étrangères. Dans un contexte où l'influence occidentale diminue en Afrique de l'Ouest, ces lois résonnent avec un désir de souveraineté affirmé par de nombreux États africains, comme l'indique le chercheur ivoirien en anthropologie Ballet-Brice Stéphane Djedje.







