À Vienne, un ancien général et un ex-policier syriens ont été condamnés chacun à huit ans d'emprisonnement pour des actes de torture infligés à 21 opposants au régime de Bachar al-Assad entre avril 2011 et mars 2013 à Raqqa.
Ce procès a capté une attention médiatique importante en Autriche, notamment en raison des révélations concernant un accord secret de 2015 entre des agences israéliennes et autrichiennes, facilitant l'exfiltration de Khaled al-Halabi, désormais résident autrichien.
Le tribunal autrichien a reconnu Khaled al-Halabi, 63 ans, ancien général des services de renseignement, coupable de torture, de coups et blessures aggravés, ainsi que d'agressions sexuelles. Musab Abu Rukbah, 55 ans, ancien chef de police, a également été reconnu coupable de violences et d'agressions.
Les juges ont qualifié ces actions de "torture systématique organisée par l'État", soulignant que les deux hommes avaient soit ordonné, soit toléré ces atrocités. Ils ont par ailleurs été condamnés à verser un montant total de 130 000 euros en indemnités aux victimes.
Malgré ce verdict sévère, un accusé a été acquitté par manque de preuves. Khaled al-Halabi, qui purge sa peine, a été placé en détention provisoire depuis décembre 2024, période qui sera intégralement déduite de sa sentence.
Les audiences du procès, qui ont débuté en juin, ont été marquées par les témoignages poignants de 25 témoins, dont 19 victimes, témoignant des abus endurés, parfois en étant ligotées et les yeux bandés. Un témoin a décrit des conditions dégradantes dans des cellules exiguës où plus de vingt personnes étaient entassées.
Des responsables autrichiens avaient été précédemment relaxés dans une affaire liée à l'obtention d'asile de l'ancien général, alors que Khaled al-Halabi a déclaré ignorer comment il avait pu s'installer en Autriche.
Le tribunal a exercé sa compétence sur cette affaire en raison de la résidence des accusés. Ce jugement souligne un engagement soutenu des pays européens comme la France, l'Allemagne, et la Suède à poursuivre les crimes de guerre, solidifiant le principe de compétence universelle. Ceci fait écho à des condamnations passées, y compris celle d'un ancien agent des services secrets en Allemagne à perpétuité l'année dernière.







