Le conflit au Yémen connaît une escalade préoccupante après que l'Arabie saoudite a mené des frappes aériennes contre les séparatistes du Conseil de Transition du Sud (STC), causant la mort d'au moins vingt de leurs membres à Al-Kasha. Cette violence survient alors que les tensions s'intensifient entre le STC, soutenu par les Émirats arabes unis, et les autres factions gouvernementales. Dans un contexte où le STC a récemment pris le contrôle de vastes territoires stratégiques dans le sud du pays, Riyad a tenu à rappeler son rôle de médiateur en lançant une invitation au dialogue.
Ce samedi 3 janvier, le ministère saoudien des affaires étrangères a exhorté toutes les factions du sud du Yémen à se rassembler à Riyad pour participer à une conférence visant à établir des solutions justes aux aspirations légitimes du peuple. L'Arabie saoudite, alliée historique du gouvernement yéménite, semble soucieuse d'éviter une fragmentation plus profonde du pays, déjà ravagé par des années de guerre.
Le président du STC, Aidroos Al-Zubaïdi, a déclaré que son mouvement s'engageait dans un processus de transition de deux ans pour établir un État indépendant, soulignant qu'il pourrait déclarer l'indépendance immédiate si ses revendications n'étaient pas prises en compte. Dans une récente interview, il a déclaré : « Notre peuple du Sud aspire à la restauration de son État. Nous ne reculerons pas », tout en appelant à un parrainage international pour ces discussions. Une République démocratique populaire avait existé dans le sud entre 1967 et 1990.
Ces appels au dialogue interviennent alors que la colère monte au sein de la coalition gouvernementale. Les bombardements récents par Riyad sont perçus comme une mesure pour limiter l'expansion des séparatistes, qui ont ignoré les demandes de retrait. En effet, des sources au sein des forces du STC affirment que les frappes saoudiennes ne sont pas une simple réaction, mais un signe des tensions croissantes au sein de la coalition anti-houthiste.
Les ramifications de ce conflit sont immenses, faisant de l'Yémen l'un des pays les plus dévastés par la guerre. Les organisations humanitaires redoutent que cette escalade ne complique davantage la situation humanitaire déjà catastrophique, dans un pays en proie à la famine et aux épidémies. Selon la Croix-Rouge, « La crise humanitaire au Yémen nécessite une attention immédiate de la communauté internationale », tandis que des experts estiment qu'un dialogue inclusif pourrait être la clé d'une résolution durable.
Alors que les frappes saoudiennes continuent, la situation au Yémen demeure volatile et incertaine, appelant à une stratégie renouvelée de la part des acteurs régionaux pour éviter un effondrement total. Le chemin vers la paix semble encore long, mais les appels à la négociation représentent une lueur d'espoir.







