Des milliers d'iraniens ont rempli les rues de Téhéran ce vendredi soir pour protester contre le régime, malgré une coupure nationale des communications. Ce mouvement de résistance, qui dure depuis près de deux semaines, continue de croître malgré les mesures répressives du gouvernement. Les manifestants ont frappé des casseroles et crié des slogans hostiles, notamment l'appel à la mort de l'ayatollah Khamenei, le guide suprême.
Dans le quartier de Sadatabad, des voitures klaxonnaient en signe de solidarité, comme l'a montré une vidéo validée par l'AFP. Ce climat de mécontentement a également été observé dans d'autres quartiers de Téhéran et à Machhad, Tabriz et Qom, renforçant l'image d'une nation en ébullition. Les conséquences de cette contestation sont tragiques : selon l'ONG Iran Human Rights, au moins 51 manifestants, y compris neuf enfants, ont perdu la vie depuis le début des troubles.
Alors que la connectivité Internet a chuté à seulement 1% de son niveau habituel, les autorités semblent utiliser cette situation comme une tactique de répression. Shirin Ebadi, la lauréate du prix Nobel de la Paix, a exprimé ses inquiétudes concernant la possibilité que la République islamique cherche à dissimuler une éventuelle répression violente. Déjà, des rapports évoquent des blessés graves, notamment des violences policières impliquant des balles en caoutchouc.
L'ayatollah Khamenei, s'adressant à ses partisans, a montré que le gouvernement ne pliera pas face aux revendications populaires. Il a dénoncé les manifestants comme des "saboteurs" et a promis de rétablir l'ordre avec la force si nécessaire. Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du pays, ont formulé des mises en garde, promettant de défendre la Révolution islamique contre ce qu'ils appellent des éléments perturbateurs.
Les réactions internationales se multiplient. Le président américain Donald Trump a déclaré que le peuple iranien prenait le contrôle de certaines villes, tandis que des leaders européens, dont Emmanuel Macron, ont condamné les violences subies par les manifestants. Amnesty International et Human Rights Watch ont qualifié les méthodes utilisées par les forces de sécurité d'"intimidations et de répression", exigeant une prise de conscience sur la nécessité de respecter les droits humains.
Bordeaux, une figure de l’opposition en exil, a appelé à l’intervention des États-Unis pour soutenir le mouvement. Ces manifestations rappellent celles postérieures à la mort de Mahsa Amini en 2022, marquant un tournant significatif dans l'histoire récente de l'Iran.







