En début d'année, l'Iran a été le théâtre d'un mouvement social meurtrier, réprimé dans le sang par le régime en place. L'ONG Iran Human Rights a rapporté que plus de 3.400 manifestants ont été tués depuis le début des manifestations. Ce cycle de violence ne date cependant pas d'hier et trouve ses racines dans l'histoire tumultueuse du pays, marquée par des décennies de répression sous le Chah puis sous les ayatollahs.
Depuis le 28 décembre dernier, les voix du peuple s'élèvent contre un régime qui, comme l'écrit Human Rights Watch, utilise tous les moyens nécessaires pour étouffer toute dissidence. Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux permettent d’avoir un aperçu, même limité, des atrocités commises, avec des vidéos montrant des corps alignés dans des lieux publics comme des mosquées ou des morgues.
Des années de répression
Si la mémoire historique de la répression remonte au coup d'État de 1953, qui a renversé le gouvernement démocratique de Mohammad Mossadegh, cette histoire est marquée par un usage systématique de la violence. Le Monde rapporte que ce coup d'État a été facilité par un plan de la CIA et des services secrets britanniques, consolidant le pouvoir de Mohammad Reza Pahlavi, dont la dictature a entraîné l'émergence d'une opposition puissante.
Des experts, comme la sociologue Azadeh Kian, expliquent qu'après la révolution islamique de 1979, le régime théocratique a amplifié les méthodes de répression. "Le régime du Chah visait des groupes spécifiques, alors que les mollahs ont élargi leur répression à toute forme de contestation", souligne-t-elle.
Le massacre de 1988, qui a conduit à l'exécution de milliers de prisonniers politiques, reste un symbole tragique de cette répression à grande échelle, alors que des dissidents continuent à disparaître sous le régime actuel. Les mouvements de contestation, comme ceux de 2009 ou récemment, se heurtent à une répression féroce.
Un appel à l'action internationale
Des ONG, y compris Amnesty International, ont intensifié leurs appels à la communauté internationale pour agir contre la cruauté du régime. "Ce niveau de répression est sans précédent et nécessite une réponse globale", affirme Marie-Laure Geoffray, responsable de l'ONG. Les manifestations récentes, notamment celles autour du mouvement "Femme, vie, liberté", montrent que le peuple iranien est déterminé à lutter pour ses droits.
Alors que la répression du régime iranien s'intensifie, il est crucial que la communauté internationale reste attentive et réactive. Les mots d'Ahmed Benchemsi, directeur du plaidoyer à Human Rights Watch, résonnent : "Lorsqu'il s'agit d'éliminer toute forme de dissidence, le régime n'hésite pas à passer à l'action, et la violence s'intensifie". Les yeux du monde sont rivés sur l'Iran, et il est vital de rester solidaires des victimes de cette répression.







