Les pays de l'Union européenne et du Mercosur se préparent à signer un accord de libre-échange prévu pour ce samedi à Asuncion, la capitale paraguayenne, après des négociations qui s'étendent sur plus de 25 ans. Cet événement marque une étape clé dans la création d'une des plus grandes zones de libre-échange au monde.
Ce traité, qui inclut l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay et le Paraguay, représente près de 30 % du PIB mondial et englobe plus de 700 millions de consommateurs. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, se rendront d'abord à Rio de Janeiro pour rencontrer le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva avant de participer à la signature. Toutefois, Lula ne sera pas présent lors de la signature, ayant été informé à la dernière minute de la présence des présidents.
Les enjeux de ce traité sont multiples. D'une part, il permettra des exportations d'Europe vers l'Amérique latine, notamment de voitures et de produits agroalimentaires, tout en favorisant l'importation de viande, de soja et d'autres produits sud-américains en Europe. Les agriculteurs européens, cependant, expriment de vives inquiétudes, craintes que des produits moins chers, souvent soumis à des normes moins strictes, perturbent leurs marchés. La résistance à cet accord s'est fait entendre dans plusieurs manifestations à travers l'Europe, notamment en France, où de nombreux agriculteurs s'opposent à la concurrence accrue.
Des experts, tels que Luciana Ghiotto de l'Université de Buenos Aires, soulignent l'importance de cet accord pour le Brésil. La création d'une 'troisième voie' économique, distincte des influences américaine et chinoise, pourrait renforcer sa position sur la scène internationale. Selon le politologue Alejandro Frenkel, cet accord est aussi une opportunité pour l'UE de consolider son rôle d'acteur majeur dans un contexte économique mondial en mutation.
En réponse aux inquiétudes des agriculteurs, l'UE a proposé plusieurs concessions, mais ces efforts semblent insuffisants pour apaiser les craintes. Le traité doit encore passer par le processus de ratification au Parlement européen, où un vote serré est attendu. Les discussions sur une éventuelle saisie de la justice concernant l'accord pourraient entraîner des délais supplémentaires, même si une mise en application provisoire pourrait être envisagée.
Malgré les scepticismes et les controverses, les partisans de cet accord estiment qu'il ouvre des nouvelles perspectives économiques, à la fois pour l'Europe et les pays du Mercosur. Comme relevé par Sud Ouest, la dynamique actuelle des relations diplomatiques avec l'Amérique latine pourrait également bénéficier d'un engagement commercial renforcé.







