Berlin (AFP) – C'est un procès qui peint un tableau sombre des temps modernes. Ce vendredi, un jeune Afghan de 25 ans, Farhad N., se retrouve devant la justice allemande, accusé d'avoir foncé avec sa voiture sur un cortège syndical en février 2025 à Munich, tuant deux personnes et blessant une quarantaine d'autres. L'accusation évoque des motivations islamistes derrière cet acte choquant.
Le drame a eu lieu le 13 février lors d'une manifestation à Munich, alors que la ville se préparait à accueillir des leaders mondiaux pour la Conférence sur la sécurité (MSC) et se dirigeait vers des élections législatives cruciales. L'accusé aurait délibérément accéléré sa BMW Mini pour percuter la foule, dépassant un dispositif de sécurité. La tragédie a révélé une vulnérabilité terrible lors d'un événement public, rapportent plusieurs médias locaux.
La colère et la tragédie familiales
Parmi les victimes, une ingénieure de 37 ans, Amel, d’origine algérienne, et sa fille de deux ans, ont été particulièrement touchées, projetées à plusieurs mètres par l'impact. Elles ont succombé à leurs blessures deux jours plus tard. Cette perte a troublé la communauté munichoise, suscitant une onde de choc au sein du collectif des travailleurs, notamment au sein du syndicat ver.di, qui souligne l'impact désastreux sur leurs activités.
À l'arrestation de Farhad N., des cris d'"Allah Akbar" ont été entendus, et selon les enquêteurs, sa radicalisation aurait été accélérée par des influences provenant de religieux afghans via les réseaux sociaux. Il considérait les pays occidentaux comme responsables des souffrances des musulmans en Afghanistan et dans d’autres régions, et se sentait poussé à commettre une telle violence.
Un climat de tension amplifié
Ce fait divers s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes en Allemagne, marqué par une série d'attaques commises par des immigrants, exacerbant le débat sur l'immigration et alimentant le discours anti-migrants, en particulier du parti d'extrême droite AfD. Dans des circonstances similaires, quelques jours avant l’attaque de Munich, un autre Afghan a été impliqué dans une attaque au couteau contre des enfants dans un parc à Aschaffenbourg, soulignant une dynamique inquiétante.
Des experts sont réservés quant à l'avenir des politiques migratoires en Allemagne, notamment en ce qui concerne les expulsions d'Afghans malgré les dangers persistants dans leur pays d'origine. Le sujet, devenu brûlant dans l'opinion publique, continue d’être une source de division parmi les citoyens allemands, comme l’a souligné un analyste politique lors d’une récente interview.
Ce procès, qui devrait durer jusqu'à fin juin et comporter trente-huit journées d'audience, est bien plus qu’une simple affaire criminelle ; il pose des questions fondamentales sur la place des immigrants dans une société multiculturelle, et soulève des préoccupations sur la prévention de la radicalisation, devenant ainsi un enjeu central pour la politique allemande moderne.







