Le procès d'un jeune Afghan de 25 ans, Farhad N., s'ouvre ce vendredi à Munich, suite à une attaque à la voiture-bélier qui a coûté la vie à deux personnes et blessé une quarantaine d'autres lors d'un cortège syndical en février 2025. L'incident tragique s’est produit alors que la ville se préparait à accueillir des dirigeants mondiaux pour la Conférence sur la sécurité.
Accusé de deux meurtres et de 44 tentatives de meurtre, Farhad N. aurait délibérément foncé dans la foule avec sa BMW Mini, dépassant même une escorte policière. Les conséquences ont été désastreuses : une femme de 37 ans et sa fille de deux ans, projetées sur plusieurs mètres, n'ont pas survécu à l'accident, comme l'a rapporté le syndicat ver.di.
- Radicalisation inquiétante -
Les enquêteurs ont rapidement identifié des motivations islamistes. Selon les autorités, Farhad N. aurait crié "Allah Akhbar" au moment de son arrestation, provoquant une inquiétude croissante concernant la radicalisation parmi les jeunes migrants. Arrivé en Allemagne à 15 ans, il aurait été influencé par des religieux afghans via les réseaux sociaux.
Le psychiatre et expert en radicalisation, Dr. Jean Dupuis, a noté que "ce type de cas nous rappelle l'urgence de traiter la radicalisation dans notre société multiculturelle". Selon lui, les facteurs d'appauvrissement social et d'exclusion peuvent contribuer à une telle dérive.
Ce procès se déroule dans un climat où l'immigration et la sécurité alimentent le discours politique en Allemagne, notamment avec l'ascension du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui exploitent ces tragédies pour renforcer leur position contre les migrants.
Les autorités avaient déjà fait face à une série d'attaques, incluant une récente attaque au couteau par un autre Afghan, qui a suscité des débats passionnés autour de la sécurité publique et de l'immigration. En ce sens, cette situation a mis en lumière les défis auxquels l'Allemagne est confrontée concernant son intégration des réfugiés.
Pour l'instant, 38 jours d’audience sont prévus jusqu’à la fin juin, alors que le pays scrute les implications plus larges d’une telle violence sur son tissu social.
Les experts s’inquiètent également des répercussions possibles sur les politiques d'immigration, qui ont déjà commencé à évoluer sous l'influence des partis populistes. Les discussions actuelles sur l'expulsion de migrants et le contrôle des frontières s'intensifient, laissant présager une redéfinition des politiques migratoires en cette période troublée.







