Dans un contexte d'escalade des tensions avec les États-Unis, le commandant de l'Armée de libération nationale (ELN), Antonio Garcia, a déclaré à l'AFP qu'il soutenait une union des guérillas pour lutter contre toute intervention militaire étrangère en Colombie. Cette déclaration s'inscrit dans un environnement politique troublé, surtout après l'arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis.
La proposition d'alliance a été formulée par Ivan Mordisco, chef d'une dissidence des anciennes Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui a suggéré un sommet des leaders guerrilleros pour unir leurs forces face à Washington. Selon des analystes de la région, l'ELN, l'une des plus puissantes organisations criminelles d'Amérique latine, maintenait des liens étroits avec Caracas avant les événements récents.
La Colombie partage une frontière avec le Venezuela de plus de 2.200 kilomètres, une zone où divers groupes armés s'affrontent pour le contrôle des routes du narcotrafic, de l'exploitation minière illégale et de la contrebande. Le ministre colombien de la Défense, Pedro Sanchez, a signalé que l'union des guérillas est une réponse à la « menace d'une action létale » des États-Unis, des avertissements qu'a également relayé le président américain Donald Trump.
Des sources militaires estiment qu’ELN et Mordisco disposent ensemble de près de 9.400 combattants, ce qui leur confère une base significative pour contrecarrer des attaques potentielles. Les récents commentaires d'Antonio Garcia sur sa volonté de se battre « pour défendre la Patrie contre l'agresseur étranger » soulignent la montée des tensions internationales dans la région.
La désescalade diplomatique entre le président colombien Gustavo Petro et son homologue américain est pourtant en cours. Les deux dirigeants ont récemment convenu de mener des actions conjointes contre l'ELN, un signal de leur volonté de coopérer malgré les différends passés. Cependant, l’absence de progrès dans les négociations de paix avec l'ELN depuis 2022 laisse planer un doute sur l'avenir
Des experts, comme ceux du think tank colombien Fundacion Ideas para la Paz, estiment que la situation pourrait encore évoluer. « Les guérillas sont plus vulnérables face à des frappes sur leur territoire », indique l'un d'eux. À l’approche des réunions prévues entre Petro et Trump, il est essentiel d’observer comment ces alliances et tensions se développeront dans les mois à venir.







