Les négociations entre les délégations ukrainienne, russe et américaine se sont terminées samedi dans la capitale des Émirats. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a qualifié ces échanges de "constructifs" et a laissé entendre que de nouvelles discussions pourraient se profiler à l'horizon.
"Ces pourparlers ont permis d'aborder des sujets sensibles, et il est essentiel de maintenir ce dialogue", a déclaré M. Zelensky sur le réseau social X, soulignant l'importance de ces rencontres pour l'avenir des discussions locales. Cependant, l'espoir s'amenuise au sein de la population ukrainienne, profondément marquée par la guerre.
Anastassia Tolkatchov, citoyenne de Kiev, exprime son désespoir : "À quoi bon ces négociations? Chaque fois, cela se termine de la même manière : rien n'est convenu, et la violence reprend." Son témoignage résonne avec celui de nombreux Ukrainiens fatigués par un conflit qui perdure depuis 2022.
- 'La terreur russe' -
Au même moment, les attaques continuent. En effet, une frappe a coûté la vie à une personne dans la région de Kiev, une autre a blessé huit personnes dans des bombardements sur Kharkiv, touchant même une maternité. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a dénoncé ces actes en qualifiant de "nouvelle nuit de terreur russe" les événements qui ont suivi les pourparlers.
Les forces russes ont intensifié leurs frappes, déclarant utiliser 370 drones et 27 missiles lors de la dernière offensive, tissant ainsi un tableau sombre du quotidien des Ukrainiens. Des journalistes de l'AFP ont rapporté l'angoisse palpable dans les rues de Kiev alors que des alertes à la bombe retentissaient à nouveau dans la capitale.
Irina Beregova, économiste à Kiev, exprime un scepticisme accablant : "Je n'ai aucun espoir. Les discussions semblent n'être qu'un leurre. Nous voulons juste vivre dignement, pas être des cibles." Ses mots illustrent la lassitude d'un peuple éprouvé.
Les récentes attaques ont laissé plus d'un million de personnes sans électricité, rappelle Oleksiï Kouleba, vice-Premier ministre. Avec des températures descendantes sous -10°C, la situation devient critique.
- Quitter le Donbass -
Les négociations s'enlisent sur la question des territoires, une pierre d'achoppement majeure. Moscou exige le retrait des troupes ukrainiennes des zones minées et industrielles de l'est, tandis que les forces ukrainiennes résistent, soutenues par l'Occident sur le plan militaire et financier.
Lors d'un entretien à Davos, M. Zelensky a évoqué des accords sur les garanties de sécurité avec Donald Trump, un sujet qui a été discuté à Abou Dhabi. Les discussions actuelles, tenues sous l'égide américaine, se déroulent sans la présence des pays de l'UE, que beaucoup craignent de voir influencées par Washington et la position pro-russe.
Le président ukrainien a souligné le besoin d'une Europe unie pour faire face à la menace que représente la Russie, mais il déplore souvent un manque de volonté politique chez les dirigeants européens. Alors que les nébuleuses diplomatiques se densifient, l'Ukraine continue de payer le prix fort pour ce conflit, forçant sa population à endurer des nuits d'angoisse et d'incertitude.







