Le Pakistan a intensifié ses bombardements sur Kaboul et d'autres régions d'Afghanistan, provoquant la mort de six personnes, dont plusieurs femmes, annoncent les autorités afghanes.
La mission des Nations unies en Afghanistan (UNAMA) a confirmé la perte de quatre civils à Kaboul suite à ces frappes nocturnes, ainsi que 14 blessés, parmi lesquels des femmes et des enfants. L'UNAMA a appelé à une cessation immédiate des hostilités pour éviter de nouvelles pertes humaines.
Depuis le 26 février, la violence a coûté la vie à 75 civils afghans, tandis que plus de 115 000 personnes ont été déplacées, selon un bilan actualisé de l'ONU.
À Nangarhar, une femme et un enfant ont également péri à la suite d'un obus pakistanais, a rapporté Sayed Tayeeb Hammad, porte-parole de la police talibane, à l'AFP.
Les relations entre l'Afghanistan et le Pakistan, autrefois étroites, se dégradent, Islamabad accusant son voisin de protéger des éléments du Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP), responsables d'attaques au Pakistan, ce que réfutent les talibans afghans.
Des sources militaires pakistanaises ont précisé que les frappes avaient ciblé des "camps terroristes et infrastructures de soutien" liés au TTP à Kaboul, Kandahar et Paktia.
À Kaboul, le porte-parole de la police, Khalid Zadran, a indiqué que quatre personnes avaient été tuées par des bombardements sur des "maisons civiles".
Sur le terrain, une équipe de l'AFP a constaté des dommages considérables, avec des résidents affligés aperçus dans les rues, certains blessés. "Il n'y a pas de poste militaire ici, seulement des citoyens ordinaires", a noté Abdul Rahim Tarakhil, représentant du district.
Un habitant, Abdul Wahid, a raconté avoir été blessé lors de l'attaque. "J'ai ressenti comme si c'était mon dernier souffle". Il appelle à un dialogue pour mettre fin au conflit, surtout avec l'Aïd-el-Fitr qui approche.
Les frappes à Kandahar ont touché un dépôt pétrolier de la compagnie aérienne Kam Air, près de l'aéroport, provoquant des préoccupations concernant les infrastructures civiles, comme le souligne un responsable aéroportuaire.
De leur côté, des sources de sécurité pakistanaises ont révélé que des drones avaient ciblé des secteurs autour de Kohat, blessant plusieurs individus.
La violence entre les deux pays n'est pas nouvelle. En octobre 2025, des accrochages avaient entraîné de nombreux morts et la fermeture partielle de la frontière. Bien que la tension ait temporairement diminué, les affrontements ont repris de plus belle récemment.
Entre le 26 février et aujourd'hui, des bombardements ainsi que des tirs d'artillerie ont causé la mort de sept personnes dans l'est de l'Afghanistan, témoignant de l'escalade des hostilités.
L'Organisation internationale des migrations (OIM) a également signalé des dégâts significatifs à son centre de transit à la frontière de Torkham.
Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères a déclaré que les opérations ciblaient des terroristes, en veillant à éviter les pertes civiles.







