Suite à la mort d'une humanitaire française mercredi 11 mars en République démocratique du Congo (RDC), le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête "de flagrance contre X du chef de meurtre constitutif de crime de guerre".
Éclairer les circonstances des faits
Les investigations, confiées à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité de la gendarmerie nationale (OCLCH), visent à éclairer "les circonstances de commission des faits" et à "tenir informés les proches de la victime", comme l’a souligné le parquet antiterroriste.
Au matin du 11 mars, une citoyenne française de 54 ans, en mission pour l’Unicef, a été tuée à Goma. D'après le pôle de répression des crimes internationaux, la maison où elle se trouvait a été frappée par un engin explosif. Ce drame est lié à un contexte plus vaste de conflit armé entre les forces congolaises et le mouvement dénommé M23.
Cette employée humanitaire a perdu la vie à la suite d'une frappe de drone revendiquée par le M23, qui contrôle Goma depuis janvier 2025, selon les indications de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco).
L'Unicef bouleversée
L’Unicef s’est déclarée profondément choquée et outrée par la mort de Karine Buisset, affirmant qu'elle a été tuée lors d'une attaque de drone qui a visé des travailleurs humanitaires.
Le porte-parole du M23 a accusé l'armée congolaise d'être responsable de cette attaque. En réponse, le gouvernement congolais, qui peine à s'affirmer à Goma, a exprimé sa "profonde tristesse" et a promis d'honorer la mémoire de Karine en enquêtant sur les événements.
Kinshasa a lancé une procédure d'enquête "sur les circonstances" et "l'origine des explosions" en quête de vérités et de responsabilités.
Une région sous tension
Des sources humanitaires rapportent que l’attaque a eu lieu dans une zone où plusieurs milices, dont le M23, sont actives ces derniers mois. La situation à Goma, riche en ressources, est marquée par des violences persistantes depuis 30 ans.
Les ONG soulignent que les travailleurs humanitaires bénéficient d’une protection spécifique en vertu du droit international. Les attaques délibérées contre ceux-ci pourraient donc constituer des crimes de guerre.
Actuellement, l'est de la République démocratique du Congo est considéré comme l'une des crises humanitaires les plus graves au monde, avec des millions de personnes déplacées en raison des violences armées.







