Le Japon a récemment révélé une avancée significative dans l'extraction de terres rares, ayant effectué des prélèvements à 6 000 mètres de profondeur lors d'une mission en mer. Cette annonce intervient alors que la pression de la Chine, principal fournisseur mondial de ces minerais, se renforce, notamment après les déclarations de la Première ministre Sanae Takaichi sur une potentielle réponse militaire nippone à une attaque contre Taïwan, dont Pékin revendique la souveraineté.
Cette mission pionnière a été conduite par le navire de recherche Chikyu, en effet en route vers l'île isolée de Minami Torishima, dans le Pacifique. Les autorités japonaises estiment que la région pourrait receler d'importantes réserves de terres rares, vitales pour diverses industries, allant de l'automobile à l'électronique en passant par la défense.
Kei Sato, porte-parole du gouvernement, a souligné que les détails de l'échantillon seraient examinés, soulignant l'importance de cette découverte pour la sécurité économique et le développement maritime du pays. Ce progrès constitue également un défi pour le géant chinois, dont le contrôle sur le marché des terres rares est indiscutable.
Inquiétudes au Japon sur une rupture de livraison de la Chine
Les inquiétudes s'intensifient au Japon en raison d'une possible interruption de l'approvisionnement en terres rares, après que Pékin a limité l'exportation de biens à double usage. Ces minerais, bien qu'abondants dans la croûte terrestre, sont complexes et coûteux à extraire, leur extraction s'avérant cruciale pour la fabrication d'aimants puissants et de composants électroniques.
Selon des estimations reprises par le quotidien économique Nikkei, la zone entourant Minami Torishima pourrait contenir plus de 16 millions de tonnes de terres rares, plaçant potentiellement le Japon comme le troisième plus grand gisement mondial.
Des réserves stratégiques pour le Japon
Des analyses indiquent que ces dépôts pourraient suffire à couvrir la consommation mondiale de dysprosium, utilisé dans les technologies de pointe, pendant 730 ans, tandis que les réserves d'yttrium, utilisé dans les lasers, pourraient durer 780 ans. Takahiro Kamisuna, chercheur associé à l'International Institute for Strategic Studies (IISS), affirme que si le Japon parvient à maintenir une extraction continue autour de Minami Torishima, cela renforcerait la sécurité de ses chaînes d'approvisionnement pour des secteurs stratégiques.
Pékin a souvent utilisé sa domination sur le marché des terres rares comme un outil géopolitique, comme cela a été observé récemment durant sa guerre commerciale avec les États-Unis. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) indique que la Chine contrôle près de 66 % de la production minière mondiale et 92 % de la production raffinée, consolidant ainsi son influence sur ce marché crucial.







