Face à l'expiration imminente du traité New START, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé Washington et Moscou à "s’entendre" rapidement pour établir un nouvel accord de désarmement nucléaire. New START, qui prend fin à minuit (GMT) ce jeudi, représente une étape critique dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Guterres souligne que "cette dissolution de décennies d’acquis ne pourrait survenir à un pire moment". En effet, la menace d'une utilisation d’armes nucléaires n’a jamais été aussi élevée depuis des générations, et le chef de l'ONU exhorte les deux nations à se réunir rapidement pour négocier un nouveau cadre de contrôle.
Depuis la Guerre froide, des accords ont permis de contenir le développement des arsenaux nucléaires russes et américains, qui détiennent aujourd’hui plus de 80 % des ogives nucléaires mondiales. Le dernier accord, New START, signé en 2010, limitait le nombre de lanceurs et de bombes nucléaires déployées par chaque partie. Ce traité incluait également des mécanismes de vérification, qui sont désormais mis en péril.
L’expiration de New START annonce une ère où il n’existe plus de limites constrictives sur les arsenaux nucléaires stratégiques des États-Unis et de la Russie. Dans le même temps, les inspections ont été suspendues depuis 2023 du fait de l’escalade militaire en Ukraine. D'autres traités, tels que le traité INF, ont également été abandonnés par les États-Unis, augmentant les inquiétudes sur l’avenir de la désescalade nucléaire.
Pour quelques experts, cette situation pourrait marquer le début d'une course aux armements, le potentiel d'un réveil des tensions internationales étant considérable. Ainsi, l'échéance du New START pourrait non seulement affecter les relations bilatérales entre Washington et Moscou, mais également avoir des répercussions globales sur la sécurité, à mesure que d'autres nations pourraient être tentées de renforcer leurs propres capacités nucléaires.
Guterres appelle à la responsabilité des dirigeants des deux pays, affirmant que "pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, nous faisons face à un monde sans aucune limite contraignante sur les arsenaux nucléaires". Dans ce contexte, l’urgence d'un nouvel accord apparaît plus que jamais cruciale.







