Les autorités iraniennes s'apprêtent à organiser une cérémonie d'envergure en hommage à l'ayatollah Ali Khamenei. En parallèle, des cortèges funéraires se multiplient, rendant hommage aux victimes des frappes de la coalition israélo-américaine. La mosquée de l'Imam Khomeini à Téhéran devrait recevoir un hommage de trois jours pour Khamenei. Cependant, l'événement prévu mercredi 4 mars a été reporté, bien qu'un million de personnes soient attendues de toute le pays, comme l'a rapporté Hojjat al-Islam Seyed Mohsen Mohammadi, responsable de la coordination de la propagation islamique. L’impossibilité de fournir les infrastructures nécessaires a conduit à ce délai.
Avec ce moment de recueillement, le régime souhaite projeter une image d’unité, en pleine attente du nom du successeur de Khamenei, tué lors d'une frappe israélo-américaine contre sa résidence le samedi précédent. "Le choix de la mosquée est très symbolique, le reliant à son mentor Rouhollah Khomenei, fondateur de la République islamique", souligne Sabrina Mervin, chercheuse à l'Institut de recherches et d'études sur les mondes arabes et musulmans. "Cette cérémonie devrait allier l’émotion et l’idéologie", et présenter le défunt leader comme un homme ayant réalisé de grandes choses pour l'Iran, tout en promouvant la révolution de 1979.
Avant l'inhumation à Machhad, d'autres événements se profilent pour rendre hommage au leader. Historiquement, le régime a toujours su mobiliser les foules lors des décès de figures d'État. "Des informations en provenance d'Iran indiquent une implication forte des autorités pour organiser des transferts vers la capitale, transformant cet hommage en une démonstration de force", explique Saeed Paivandi, professeur à l'Université de Lorraine. Le régime est toujours capable d'attirer des centaines de milliers de participants, notamment étudiants et membres de diverses institutions.
Des funérailles de civils et militaires très suivies
Les cérémonies funéraires pour les victimes civiles et militaires se multiplient également à travers le pays. A Minab, en province de Hormozgan, une marée humaine a suivi les dépouilles des fillettes tuées dans une école dans une frappe de la coalition israélo-palestinienne, causant la mort d'au moins 159 écolières, selon les déclarations officielles. Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sur la place des Martyrs, brandissant des poings en signe de colère, avec la présence de soldats du Corps des Gardiens de la Révolution.
Les médias, agissant souvent comme porte-voix du régime, diffusent des images des cortèges dans tout le pays, de Borujerd à Tabriz, illustrant un sentiment national d'unité face aux adversités. Les cercueils portant l'inscription "martyr de haut rang" symbolisent un profond respect pour ceux qui ont perdu la vie. Sabrina Mervin note que "le chiisme favorise une approche émotionnelle, avec des pleurs et des chants qui mènent vers le paradis selon un hadith". Ces événements reflètent une dynamique complexe dans une société marquée par le deuil et l'angoisse politique.







