Le président américain Donald Trump a lancé jeudi un ultimatum de "dix jours" pour déterminer si un accord avec l'Iran pourrait être atteint, avertissant que des conséquences graves seraient à prévoir dans le cas contraire.
Après une pause de dialogue qui a duré depuis la fin de la guerre de 12 jours en juin 2025, Washington et Téhéran ont récemment entamé des pourparlers. Cependant, ces échanges sont entachés de menaces répétées : les Etats-Unis renforcent leur présence militaire dans le Golfe, tandis que l'Iran mène des manœuvres navales en mer d'Oman, en coopération avec la Russie.
"Nous devrons sans doute examiner différentes options, y compris de pousser vers un accord. Vous aurez des réponses dans dix jours", a déclaré Trump lors d'une conférence à Washington.
Le jour précédent, les autorités américaines avaient conseillé à Téhéran de conclure rapidement un accord, évoquant des raisons susceptibles de justifier une attaque contre l'Iran, comme l’a souligné la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.
Israël, un allié stratégique des États-Unis, a également menacé Téhéran d'une firme riposte en cas d’agression contre son territoire. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti : "Si les ayatollahs font l’erreur de nous attaquer, ils subiront une réaction inimaginable".
- L'Iran et son droit à l'enrichissement d'uranium -
Défendant son programme nucléaire, l'Iran insiste sur son droit à l'enrichissement d'uranium pour des fins pacifiques. Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Eslami, a déclaré que les avancées dans le programme se font dans le cadre des normes de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Aucune nation ne peut priver l'Iran de bénéficier pacifiquement de cette technologie.

L’Iran a également annoncé qu'il élabore un cadre afin de poursuivre les négociations avec Washington, facilitée par la médiation d'Oman. Toutefois, des divergences persistent autour des sujets abordés. Téhéran souhaite limiter les discussions à son programme nucléaire et réclame la levée des sanctions qui asphyxient son économie, tandis que Washington veut élargir le cadre des négociations aux missiles balistiques et au soutien des groupes armés en région hostile.
- Risque d'escalade militaire ? -
Le président Trump a multiplié les menaces d'attaques, notamment en réponse aux répressions à l'égard des manifestants en janvier. En outre, certains rapports, dont ceux de CNN et CBS, indiquent que l’armée américaine se préparerait à mener des frappes contre l’Iran, même si Trump n'a pas pris de décisions définitives.
Des sources anonymes du Wall Street Journal avancent que Trump a été informé d'options, envisageant des actions violentes contre les leaders iraniens pour provoquer un changement de régime. Dans cette conjoncture tendue, les États-Unis ont déployé deux porte-avions dans le Golfe et maintiennent des milliers de soldats dans la région, potentiellement vulnérables aux représailles iraniennes.
La Russie a exprimé son inquiétude face à cette "escalade des tensions sans précédent", appelant à la retenue. La France, de son côté, a rappelé l'importance de la diplomatie pour éviter que l'Iran ne se dote d'une capacité nucléaire.
- Vers une voix diplomatique ? -
Abbas Araghchi, le ministre des Affaires étrangères iraniennes, a rencontré mercredi le directeur général de l'AIEA, Rafaël Grossi, qui a affirmé que l'AIEA était prête à soutenir un dialogue constructif.
Après avoir restreint l'accès de ses installations aux inspecteurs, l'Iran a déclaré, à travers son président Massoud Pezeshkian : "Nous ne voulons pas la guerre... mais nous ne céderons pas à la pression".







