La mission indépendante d’établissement des faits de l’ONU sur le Soudan a publié un rapport explosif le 19 février 2026, établissant que des actes de « génocide » ont été perpétrés à El-Fasher, notamment par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) suite à la prise de la ville fin octobre 2025. Joy Ngozi Ezeilo, membre de la mission, a déclaré : « La protection urgente des civils est plus que jamais nécessaire ».
Depuis la chute d’El-Fasher, le conflit a pris de l'ampleur dans la région du Kordofan. Ce territoire, riche en ressources, est devenu un front majeur dans la lutte entre l'armée régulière et les FSR, rendant les civils particulièrement vulnérables. Dernièrement, une frappe aérienne sur un camp de déplacés a laissé au moins 15 enfants morts, selon l’Unicef, illustrant l’escalade tragique de la violence.
Le rapport de l’ONU, intitulé « Caractéristiques du génocide à El-Fasher », souligne que les actes des FSR, marqués par des « meurtres ciblés, des violences sexuelles et des destructions systématiques », prouvent une intention claire de commettre un génocide. Les experts notent que ces actions démontrent « que les crimes commis n’étaient pas isolés, mais révélateurs d’une campagne organisée contre des communautés non arabes ».
Un appel à l'action
Yvette Cooper, ministre britannique des Affaires étrangères, a qualifié le rapport de l'ONU de « récits bouleversants » et a appelé la communauté internationale à agir pour garantir la paix. « Le Conseil de sécurité doit agir rapidement », a-t-elle insisté, un point de vue partagé par Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe de l’ONU, qui a souligné l’urgence d’une « action forte ».
Des sanctions américaines
En réponse aux révélations de l'ONU, les États-Unis ont annoncé des sanctions contre trois commandants des FSR. Ces restrictions visent Elfateh Abdullah Idris Adam, Gedo Hamdan Ahmed Mohamed, et Tijani Ibrahim Moussa Mohamed, accusés de manipulation et de violence envers les civils. Le département du Trésor a déclaré que le général Idris serait impliqué dans « des meurtres de civils désarmés », tandis que les deux autres ont également joué un rôle dans des actes de violence systématiques.
Les sanctions impliquent le gel des avoirs de ces individus aux États-Unis et un embargo sur les transactions commerciales avec eux. Ces mesures interviennent après des actions similaires prises par le Royaume-Uni et l’Union européenne contre les responsables des FSR.
Le conflit qui secoue le Soudan a causé des dizaines de milliers de morts et déraciné plus de 11 millions de personnes, aboutissant à ce que l’ONU qualifie de « pire crise humanitaire au monde ».







