En déplacement discret à Washington, le maire de New York Zohran Mamdani a eu un entretien inattendu avec Donald Trump à la Maison Blanche. Ce tête-à-tête improbable a été l'occasion d'aborder la question cruciale du logement et des enjeux d'immigration. Mamdani a également saisi cette opportunité pour obtenir la libération d'une étudiante de la Columbia University, arrêtée par la police de l'immigration.
Le voyage de Mamdani n’avait pas été annoncé. Jeudi, le maire de New York, Zohran Mamdani, s’est retrouvé à Washington pour une réunion discrète avec le président américain, Donald Trump. À l'issue de leur entrevue, le maire a décrit un échange « productif » centré sur un sujet qui leur est cher : la construction de logements à New York.
Une photo prise dans le Bureau ovale et publiée sur les réseaux sociaux montre le président souriant, tenant deux unes du New York Daily News. L'une d'elles, datant de 1975, porte le célèbre titre « Ford to City: Drop Dead », une déclaration de l'époque où Gerald Ford a refusé d'aider New York dans les moments critiques. La seconde, créée pour l'occasion, affiche un message optimiste : « Trump to City: Let’s Build », accompagnée d'une promesse de créer « plus de 12 000 logements ».
Selon les conseillers du maire, ces éléments ont été présentés par Mamdani pour illustrer un projet ambitieux visant à produire plus de 12 000 logements, en partie sur des zones comme les voies ferrées de Sunnyside Yards, dans le Queens.
Trump et Mamdani, un duo improbable
Au sein de l'hôtel de ville, on explique que le président avait, lors d'un précédent échange, encouragé le maire à revenir « avec des idées ambitieuses que nous pourrions construire ensemble ». Cette rencontre s'inscrit donc dans un cadre plus large : identifier des projets immobiliers d'envergure capable de transformer New York.
Cette situation met en lumière un paradoxe politique saisissant. Zohran Mamdani, 34 ans, représenté comme un démocrate socialiste et ancien militant pro-palestinien, a déjà ouvertement critiqué Donald Trump, 79 ans, figure emblématique de la droite américaine. Les deux hommes, qui s'étaient souvent affrontés par le passé, cultivent désormais une relation pragmatique ancrée dans un attachement commun à la ville de New York.
Une étudiante libérée par Trump
Le maire n’est pas venu les mains vides. Hormis ses propositions sur le logement, il a soumis au président une liste de cinq personnes arrêtées par les services d'immigration, parmi lesquelles une étudiante de Columbia University arrêtée le matin même.
Mamdani avait pour objectif de faire libérer cette étudiante, et le résultat a été positif. « Il m’a assuré qu’elle serait libérée immédiatement », a-t-il annoncé sur les réseaux sociaux à propos d’Elmina Aghayeva, une étudiante en fin de cycle. Plus tard, l'université a confirmé sa libération.
Ni la Maison Blanche ni la mairie n'avaient prévu de rendre cette rencontre publique. Ce n’est pas la première fois que Mamdani et Trump échangent depuis les municipales de novembre. Lors de son discours sur l'état de l'Union, Trump a reconnu parler « souvent » avec le maire, le qualifiant de « gars sympa », tout en critiquant ses politiques. À New York, les crises obligent à des alliances inattendues.







