Paris (France) – À l'heure où la prévention est plus que jamais essentielle, les check-up médicaux privés émergent, offrant des services onéreux qui suscitent inquiétudes et critiques parmi les experts. Ceux-ci dénoncent ce modèle qu'ils jugent "élitiste" et peu adapté pour véritablement améliorer la santé des Français.
Chez Zoï, une start-up française, l'expérience commence par une ambiance apaisante, éloignée des clichés d’un cabinet médical. Installée au cœur de Paris, entre la place Vendôme et l'Opéra, la déco minimaliste cache habilement le matériel médical, promettant une expérience unique. Le cofondateur, Ismaël Emelien, ancien conseiller d’Emmanuel Macron, souhaite offrir un espace qui ne ressemble ni à un hôpital, ni à un hôtel.
Les "membres" de cette structure accèdent à 36 bilans médicaux, pour un total de 3.600 euros, sans aucune prise en charge par la Sécurité sociale. Au programme se trouvent une multitude d’examens, incluant des analyses génétiques et des imageries avancées. Emelien insiste sur le fait qu’"une meilleure compréhension des risques" peut encourager des comportements préventifs. Cependant, certains experts comme Christine Ferron, déléguée générale de la Fédération Promotion Santé, expriment de vives inquiétudes. "C'est inadmissible d'imaginer que ce type de service puisse répondre aux véritables enjeux de santé publique."
Les critiques ne s’arrêtent pas là. Les bilans de santé privés, comme ceux fournis par l'Hôpital américain de Neuilly, dont les prix dépassent plusieurs milliers d'euros, soulèvent des questions sur leur efficacité réelle. Des start-up comme Lucis ou Kor offrent également des solutions similaires, mais suscitent des réactions mitigées en raison de l'absence de preuves concernant leur utilité. Max Berthelot, co-fondateur de Lucis, défend son modèle, assurant qu'il permet des recommandations pratiques sur la nutrition et le bien-être, mais cela ne semble guère convaincre Ferron, qui critique le manque de validation scientifique.
"Il ne suffit pas d'être informé des risques pour changer ses habitudes", affirme le Dr Marion Albouy, médecin de santé publique.” La précaution financière nécessaire pour accéder à ces services pose également la question des inégalités sociales. Il est crucial de rappeler que les Français bénéficient déjà de check-up gratuits grâce au programme “Mon bilan prévention” introduit en 2024, visant à offrir un soutien aux populations les plus vulnérables.
En fin de compte, comme l'a souligné Christine Ferron, ces services prisés par une petite élite mobilisent des ressources alors que les soins de base restent insuffisants pour une majorité de la population. La question qui se pose est donc celle de l'équité et de l'accessibilité des soins de santé dans un paysage en constante évolution.
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