Il était inconnu du grand public, mais Bodo/Glimt a su s'imposer sur la scène du football européen. Cette saison, le club norvégien a réussi l'exploit de triompher face à des équipes de renommée mondiale telles que Manchester City, l’Atletico Madrid et l’Inter Milan lors de la Ligue des champions. Qu'est-ce qui fait le succès de ce club ? Un état d’esprit collectif remarquable, un schéma de jeu offensif en 4-3-3, et une tactique affinée par leur entraîneur, Kjetil Knutsen.
Située dans une ville de 50 000 habitants, au-delà du cercle polaire, Bodo/Glimt, ce « l’éclair » norvégien, renverse les certitudes. Les performances du club en Ligue des champions sont impressionnantes : des victoires sur Manchester City (3-1) et l’Atletico Madrid (2-1), ainsi qu'un triomphe contre l’Inter Milan (3-1 à l’aller et 2-1 au retour) lors des barrages. Pour Xavier Barret, consultant pour France 24, ces résultats ne sont pas si étonnants compte tenu du parcours récent du club.
Bodo/Glimt est en effet sur une lancée depuis plusieurs saisons, atteignant les demi-finales de la Ligue Europa l'année précédente, et décourageant des adversaires de plus grande renommée, comme l’AS Roma qu’ils avaient battue 6-1 en 2021, un exploit qui reste gravé dans les mémoires.
Un style de jeu affûté
La réputation de Bodo/Glimt demeure fondamentale, et l’équipe compte sur un style flamboyant en 4-3-3. « C'est un football qui ne cesse d’évoluer », déclare Antonin Bardin, expert en football norvégien, ajoutant que le club avait longtemps été perçu comme un habituel de la deuxième division. Mais, avec l’ascension des clubs du nord, Bodo/Glimt a su briller, remportant plusieurs championnats nationaux récemment.
« Chaque joueur a un rôle précis et la coordination sur le terrain est impressionnante. Ils se trouvent sans même avoir besoin de se regarder », explique Bardin. Ce niveau de jeu a permis d’intriguer et de déstabiliser des géants européens, démontrant que même les clubs modestes peuvent rivaliser au plus haut niveau.
Conditions locales et esprit collectif
« Le climat et le cadre jouent un rôle crucial », note Xavier Barret. Bodo/Glimt profite d'avantages locaux, comme son terrain synthétique, qui saute aux yeux des équipes adverses souvent peu habituées à jouer dans de telles conditions. En outre, les conditions hivernales peuvent être intimidantes, surtout lorsque les journées sont courtes. « Cela déstabilise souvent les visiteurs », ajoute Bardin.
La dynamique collective du club est tout aussi fascinante. Selon Barret, cet état d’esprit est typique des sociétés scandinaves, où la solidarité et le travail d'équipe sont des valeurs fondamentales, influençant positivement le sport local. En période de difficulté, cet esprit solidaire joue un rôle déterminant dans les performances sur le terrain.
Une gestion économique prudente
Bodo/Glimt opère également avec une approche économique exemplaire. Dans un monde où les clubs engagent des sommes colossales, Bodo/Glimt démontre qu’il est possible de construire une équipe solide sans débourser des millions. Pour la saison 2025-2026, le club n’a investi que six millions d’euros, tandis que ses revenus ont légèrement dépassé ce montant.
« La clé du succès passe par la formation et le développement des talents locaux », commente Bardin. Si le club continue de valoriser sa jeunesse, il pourrait bien devenir une véritable pépinière pour le football européen. Toutefois, ce modèle peut également troubler les ambitions des joueurs, certains peinant à s’adapter à d’autres clubs après avoir été façonnés à Bodo/Glimt.
Bodo/Glimt est à la croisée des chemins du football moderne : un petit club, mais avec un potentiel immense sur la scène internationale.







