Un nouveau rapport met en lumière le risque grandissant auquel sont confrontés les gouvernements européens, qui s'inquiètent des conséquences possibles d'une dépendance excessive aux services cloud, notamment dans le secteur de la défense. Ce constat alarmant révèle que plus de 75 % des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions cruciales liées à leur sécurité nationale.
Cette analyse intervient dans un contexte de tensions croissantes, où les responsables européens craignent qu’un éventuel kill switch ne mette en péril leur accès aux données essentielles. Lors d'un point de presse, Tobias Bacherle du Future of Technology Institute (FOTI) a déclaré : "La Russie mène une guerre en Ukraine, tandis que nous avons également un président américain qui a menacé divers pays européens, notamment le Danemark. Cela pose une véritable question de sécurité."
L’UE adepte des technologies américaines
Une étude récente révèle que les systèmes de sécurité nationale de 23 des 28 pays analysés, incluant les membres de l'UE et le Royaume-Uni, reposent principalement sur des technologies américaines. Cette recherche s'appuie sur une multitude de sources, allant des sites web des ministères de la Défense aux médias nationaux et aux dossiers des marchés publics, pour tracer les contrats importants conclu avec des fournisseurs américains comme Microsoft, Google, Amazon et Oracle.
Dans ce cadre, 16 pays sont considérés comme étant à haut risque face à un potentiel kill switch américain, parmi lesquels figurent l'Allemagne, la Pologne et le Royaume-Uni, tous trois des acteurs militaires majeurs en Europe. Seul un pays, l'Autriche, a été jugé moins exposé, étant hors de l'OTAN.
En réponse à cette menace, plusieurs États commencent à explorer des alternatives nationales ou européennes pour renforcer leur souveraineté numérique, incitant ainsi les entreprises américaines à offrir des services de cloud qualifiés de "souverains". Cependant, cette étiquette ne solde pas les problèmes profonds de dépendance qui persistent.
L’exemple des États-Unis en Ukraine
Ces nouveaux services, bien que présentés comme une solution, demeurent toutefois vulnérables à la législation américaine, qui pourrait forcer les entreprises à fournir des données stockées à l’étranger. De plus, des sanctions américaines pourraient entraîner la suspension des mises à jour de sécurité, augmentant ainsi les risques.
Ce dilemme a été mis en lumière par un incident récent où les États-Unis ont suspendu certains services, comme l’accès aux images satellites fournies par Maxar, à l’Ukraine suite à des tensions diplomatiques. "C'était un véritable signal d'alarme", a commenté Katja Bego de Chatham House, soulignant les implications inquiétantes de cette situation pour la sécurité européenne.







