Située dans le Golfe Persique, l'île de Kharg, petite mais cruciale, couvre à peine 25 km², mais joue un rôle central dans l'économie de l'Iran grâce à ses exportations pétrolières. La sécurité de ce site stratégique est d'une importance capitale, car tout conflit pourrait entraîner une escalade majeure.
Kharg est le pilier de l'économie iranienne, abritant le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut du pays, qui représente à lui seul 90 % des exportations iraniennes de ce précieux or noir. Malgré les tensions croissantes au Moyen-Orient, le terminal de Kharg a su résister, continuant à fonctionner même lorsque l'économie mondiale est impactée par le blocage du détroit d'Ormuz.
Cette petite étendue de terre, longue de 6 km, reçoit le pétrole par oléoduc des plus grands champs pétrolifères de l'Iran et possède une capacité de stockage d'environ 30 millions de barils. Actuellement, selon Kpler, environ 18 millions de barils y sont conservés, suffisants pour assurer 10 à 12 jours d'exportations normales.
Pour les Gardiens de la Révolution, l'organe militaire iranien, Kharg est indispensable. D'après des experts en énergie, ce hub pétrolier génère environ 50 milliards de dollars, qui servent à financer le soutien militaire du régime. Une note déclassifiée de la CIA de 1984 soulignait à quel point ce site était vital pour le système énergétique iranien.
Attaquer ce territoire est risqué
Depuis la crise des otages en 1979, l'idée de prendre le contrôle de Kharg a souvent été discutée à Washington. Jimmy Carter avait alors choisi d'opter pour des sanctions contre l'Iran, tandis que Ronald Reagan, durant la guerre Iran-Irak des années 1980, avait choisi de préserver la navigation tout en épargnant l'île. Ces précautions semblent toujours d'actualité, car des discussions entre les États-Unis et Israël sur l'opportunité d'occuper Kharg se poursuivent.
Les Etats-Unis et Israël envisagent sérieusement cette option, comme le rapporte Axios, bien que la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, ait minimisé ces discussions.
L'île de Kharg est située dans des eaux peu profondes, compliquant l'accès pour les navires, ce qui la rend encore plus stratégique. Une attaque directe pourrait priver l'Iran de sa principale source de revenus, entraînant des répercussions immédiates à l'échelle mondiale.
La crainte d'un nouveau choc pétrolier
Un conflit autour de l'île pourrait provoquer des représailles irakiennes, visant les infrastructures pétrolières des autres pays du Golfe, ou même le détroit d'Ormuz. Un nouvel choc pétrolier pourrait en résulter, faisant grimper inévitablement les prix à l'échelle mondiale. Des spécialistes estiment que le prix du baril, ayant déjà atteint plus de 120 dollars, pourrait augmenter bien au-delà.
JP Morgan a averti qu'une frappe sur Kharg stopperait les exportations iraniennes, entraînant des représailles sévères le long du détroit d'Ormuz ou contre d'autres installations énergétiques régionales. Farzin Nadimi, chercheur au Washington Institute for Near East Policy, souligne : "Cibler l'île serait périlleux. L'Iran pourrait causer des dégâts considérables aux infrastructures pétrolières du Golfe en réponse." L'Iran, quatrième producteur de brut au sein de l'OPEP, a d'ores et déjà averti qu'une attaque contre ses infrastructures serait suivie d'une riposte immédiate, renforçant ainsi la tension qui entoure cette petite île stratégique.







