L'Equateur réagit aux accusations de bombardements en Colombie

Daniel Noboa défend son pays face aux allégations de Gustavo Petro, une situation tendue.
L'Equateur réagit aux accusations de bombardements en Colombie

Le président équatorien Daniel Noboa a fermement contesté, mardi, les allégations de son homologue colombien Gustavo Petro, qui avait dénoncé un bombardement mené par l'Equateur sur le sol colombien, près de leur frontière commune où des guérillas et des cartels de la drogue opèrent.

Dans un climat de tension croissante entre Bogota et Quito, Gustavo Petro a affirmé, lors d'une intervention lundi, disposer de preuves d'un bombardement effectué par un avion équatorien sur le territoire colombien.

Noboa a qualifié ces déclarations de mensonges, arguant que l'Equateur cible uniquement les sites abritant des groupes criminels « d'origine en grande partie colombienne, que votre gouvernement a laissé pénétrer sur notre sol par son inaction » dans la surveillance des frontières. Sur X, il a répliqué : « Président Petro, nous n'opérons pas sur votre territoire, mais sur le nôtre ».

En réponse, Petro a diffusé une image d'un engin apparemment intact sur X, appelant à une enquête approfondie sur cette « bombe tombée à proximité d'une maison de paysans » à la frontière.

Dans un contexte international tendu, l'Equateur a été invité à rejoindre le « Bouclier des Amériques », une alliance composée de 17 nations pour lutter contre le trafic de stupéfiants. Ce partenariat, mis en place par le président Biden, n'inclut pas la Colombie, souvent perçue comme un partenaire privilégié en matière de lutte contre la drogue.

Début mars, l'Equateur avait déjà bombardé un camp d'entraînement lié à une guérilla suspectée de trafic de drogues près de la frontière colombienne, une opération appuyée par les États-Unis. Actuellement, Quito mène une nouvelle campagne de deux semaines contre le narcotrafic, avec la même assistance américaine, en instaurant un couvre-feu dans plusieurs provinces côtières.

La frontière entre l'Equateur et la Colombie s'étend sur environ 600 kilomètres, une zone où circulent également des groupes armés et des organisations criminelles impliquées dans le trafic de drogue, d'armes et d'êtres humains, ainsi que dans l'exploitation minière illégale.

Il est estimé qu'environ 70 % de la cocaïne produite en Colombie et au Pérou, les deux plus grands producteurs de cette drogue au monde, transite par l'Equateur pour être exportée via ses ports sur le Pacifique.

Les tensions se sont également intensifiées dans le domaine commercial, Daniel Noboa ayant récemment instauré des droits de douane sur les produits colombiens, reprochant à Gustavo Petro de ne pas agir de manière suffisante contre le narcotrafic.

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