Le 17 mars, un projet d'accord de santé entre les États-Unis et la Zambie a été révélé, mettant en lumière les coupes significatives dans l'aide américaine ainsi que les demandes de Washington en matière de ressources naturelles. Comme l'indique l'ONG Health GAP, cet investissement de 320 millions de dollars prévu pour 2026 représentera une diminution progressive des fonds, atteignant seulement 112 millions de dollars d'ici 2030. En 2024, la Zambie avait bénéficié de plus de 400 millions de dollars dans le secteur de la santé, selon ForeignAssistance.gov.
Ce projet stipule également que l'accord pourrait être « immédiatement suspendu si un consensus n'est pas atteint avant le 1er avril 2026 », ce qui souligne la pression exercée par les États-Unis. Depuis le retour de Donald Trump à la présidence, les États-Unis cherchent à réduire leur aide, comme indiqué par un mémo du département d’Etat, rapporté par le New York Times.
Un capital stratégique
Au cours des derniers mois, plus d'une douzaine de pays africains, dont le Rwanda et l’Ouganda, ont également signé des accords similaires. Au Kenya, par exemple, des contestations ont mené à la suspension partielle d’un accord, soulignant les tensions sur la gestion des données. Le Zimbabwe, quant à lui, a choisi de mettre un terme à ses négociations.
La Zambie, deuxième producteur de cuivre d'Afrique, joue un rôle clé dans la compétition entre les États-Unis et la Chine pour les ressources naturelles africaines. Les États-Unis, par la voix d'un porte-parole du département d'État, ont affirmé que « l'aide étrangère américaine n'est pas une forme de charité, mais un atout stratégique ». Ce prototype d'accord s’inscrit dans une démarche plus large où les États-Unis lient leurs aides à la promesse de collaborations dans le secteur minier.
Les exigences posées dans cet accord, comme les réformes afférentes au système de santé, indiquent que Washington ne se contente plus de dons. Cette dynamique renforce l'impression que les accords sont des outils de pression plutôt que de véritables soutiens au développement. Au demeurant, la signature de cet accord, attendue pour décembre, pourrait devenir un enjeu crucial dans la campagne électorale zambienne imminente.
Compétition avec la Chine
Des inquiétudes ont également été exprimées concernant le partage de données, qui pourrait avoir un impact sur la vie privée et la souveraineté nationale, selon Bupe Kabamba, chercheuse en santé publique. Elle affirme que toute aide devrait privilégier une approche collaborative et réciproque.
La Zambie se situe à un carrefour stratégique entre les ambitions chinoises et américaines, avec un réseau de voies ferrées vitales s'étendant vers l'Atlantique et l'océan Indien, renforçant son attrait. En plus de ses vastes réserves de cuivre, elle possède également des potentialités en cobalt, nickel et manganèse, des ressources convoitées par les superpuissances mondiales.







