Le nouveau parlement thaïlandais a reconduit, ce jeudi, Anutin Charnvirakul à la tête du gouvernement. Le leader conservateur, à la tête du parti Bhumjaithai, a été plébiscité suite à une campagne axée sur un discours nationaliste et a recueilli 293 voix sur 498 lors du vote au sein de l'hémicycle.
« Je m'engage à être un Premier ministre qui travaillera avec chaque député pour le bien de la nation », a déclaré le nouvel élu. À 59 ans, Charnvirakul hérite d'un paysage politique complexe, fait face à la guerre au Moyen-Orient, à une économie en chute libre et à des tensions frontalières persistantes avec le Cambodge.
Son parti a enregistré le meilleur score électoral de son histoire lors des législatives anticipées en février, après deux épisodes de violence avec le Cambodge. Les promesses électorales d'Anutin incluses la construction d'un mur à la frontière cambodgienne et l'instauration d'une politique stricte en matière de sécurité, avec l'objectif de recruter 100 000 soldats volontaires.
Malgré sa première position, le parti Bhumjaithai n'a pas obtenu la majorité absolue et a donc dû former une coalition avec le Pheu Thai, un parti souvent associé à l'ancien dirigeant Thaksin Shinawatra. En face, le Parti du peuple réformiste, arrivé en deuxième position, a revêtu le rôle d'opposant principal. Cependant, plusieurs de ses députés sont sous le coup d'accusations d'éthique, provoquées par leur tentative de réformer une loi sur l'outrage à la royauté.
- Priorité à l'économie -
Héritier d'une fortune familiale dans la construction, Anutin Charnvirakul, élu pour la première fois Premier ministre en septembre 2025, doit faire face à un relèvement économique. Un secteur touristique en déclin et la concurrence du Vietnam, qui attire de plus en plus d'investissements, ne rendent pas la tâche facile.
Alors que les tensions régionales et les préoccupations mondiales s'accélèrent, notamment suite aux attaques israélo-américaines contre l'Iran, Charnvirakul a promis de « transformer cette crise en une opportunité pour la Thaïlande ». Toutefois, le pays affronte une inflation croissante, surtout le coût des carburants, et n'a pas encore mis en place de mesures efficaces pour atténuer cette pression économique, se contentant d'approches non convaincantes selon le politologue Yuttaporn Issarachai.
Le conflit à la frontière cambodgienne, bien qu'actuellement marqué par un cessez-le-feu fragile, reste une source d'inquiétude. Anutin, peu après son premier mandat, avait autorisé l'armée à agir à sa discrétion à la frontière, soulignant ainsi l'urgence de cette situation. Néanmoins, comme le souligne Issarachai, « pour la population, la priorité est l'économie ». Dans ce contexte, les attentes vis-à-vis de son gouvernement sont élevées, et la capacité à relancer la croissance sera déterminante pour l’avenir de la Thaïlande.







