Téhéran rejette le plan américain de paix au Moyen-Orient

Téhéran refuse le plan de Washington pour clore la guerre au Moyen-Orient.
Téhéran rejette le plan américain de paix au Moyen-Orient
©Kawnat HAJU, AFP - Des secouristes libanais interviennent à Tyr, dans le sud du Liban, après une frappe, le 24 mars 2026

Téhéran a officiellement opposé son refus, mercredi, à l'initiative en 15 points proposée par l'administration américaine pour mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient, selon un reportage de Press TV, chaîne d'État iranienne destinée à un public international.

Cette annonce fait suite à des déclarations de la marine iranienne affirmant avoir ciblé le porte-avions américain Abraham Lincoln, actuellement déployé dans le Golfe, une démarche qui témoigne des tensions persistantes dans la région.

Plusieurs efforts diplomatiques se sont intensifiés ces derniers jours, cherchant à trouver une issue à un conflit devenu difficile à déchiffrer pour les marchés et préoccupant les gouvernements internationaux.

Le projet américain, dont le contenu exact reste obscur, représente les premières propositions officielles de Washington depuis les récentes attaques israélo-américaines contre l'Iran, survenues le 28 février dernier. Ce plan a été transmis à Téhéran par le Pakistan, qui entretient des relations bilatérales amicales avec les deux nations, selon des responsables pakistanais.

Un responsable iranien, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, a déclaré à Press TV : « La guerre se terminera lorsque l'Iran en décidera, et non selon les souhaits de Trump. » Cependant, aucune annonce officielle n'a été émise par Téhéran concernant cette situation.

Au même moment, le président américain Donald Trump a évoqué l'implication de son émissaire, Steve Witkoff, ainsi que de figures clés comme Jared Kushner et le vice-président JD Vance, dans ce processus. Toutefois, le rôle des représentants iraniens demeure flou et suscite de nombreuses interrogations.

Guillaume Lasconjarias, professeur associé à l'université de la Sorbonne, souligne une incertitude quant à qui détient réellement le pouvoir décisionnel à Téhéran. Parallèlement, un diplomate de la région estime que l'objectif américain est d'établir une trêve permettant aux deux parties de revendiquer une victoire, tout en ajoutant qu'il est encore trop tôt pour être optimiste sur l'issue de ce processus.

La défiance à Téhéran face aux déclarations du président américain est palpable, une partie de la presse locale se moquant des « mensonges » de Trump, à l'instar du quotidien Javan, qui a affiché une caricature de l'homme politique avec le nez de Pinocchio sur sa couverture.

Guillaume Lasconjarias a également précisé que nous sommes actuellement dans une phase de pré-négociations, où les parties explorent ce qui pourrait être acceptable, dans un contexte où les objectifs de guerre d'Israël et des États-Unis semblent divergents. « Qui négocie la paix ? Qui continue le combat ? » s'interroge-t-il.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a exprimé ses inquiétudes, évoquant un conflit potentiel « plus large », susceptible de provoquer une « marée de souffrances humaines ».

Les tensions se poursuivent, avec de nouveaux rapports faisant état de l'envoi de parachutistes américains en renfort au Moyen-Orient, alors que des missiles iranien ont contraint le porte-avions Abraham Lincoln à modifier sa position.

L'amiral Shahram Irani, commandant de la marine iranienne, a averti que dès que cette flotte américaine s'approchera de la portée de leurs systèmes de missiles, elle sera ciblée par de puissantes frappes. Aucune confirmation n'a été obtenue du côté américain.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne, annoncent avoir effectué des attaques contre des zones nord et centrales d'Israël, dont la région de Tel-Aviv. Des images diffusées par l'AFP montrent des traînées de roquettes illuminant le ciel au-dessus de Netanya, accompagné des alarmes des sirènes d'alerte dans la région.

Les forces américaines stationnées au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn ont également été visées par des attaques. Au Koweït, une frappe de drones a provoqué un incendie dans un réservoir de carburant.

Les pays du Golfe, lors d'une réunion à Genève devant l'ONU, ont demandé à l'Iran d'arrêter immédiatement ses attaques sur leur territoire et d'indemniser les dégâts causés.

Du côté israélien, de nouvelles frappes sont à signaler à Téhéran, en cours depuis quatre semaines, avec déjà un lourd bilan de pertes humaines.

Dans ce contexte de conflit inquiétant, un photographe, Shayan, a partagé son ressenti : « Il n'y a pas de pénurie, tout est accessible. Les cafés sont ouverts, et nous continuons à vivre. Mais un sentiment d'impuissance règne parmi nous. »

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part cruciale de la production mondiale de pétrole, attire toutes les attentions. Son quasi-blocage par Téhéran a entraîné une flambée des coûts et perturbé l'économie globale.

D'après les déclarations de l'Iran, les « navires non hostiles » peuvent désormais bénéficier d'un passage sûr par le détroit, suivant les directives de l'Organisation maritime internationale. Londres et Paris prévoient d'organiser cette semaine une réunion entre les chefs d'état-major d'environ trente pays afin de former une coalition pour sécuriser le passage maritime, comme l'a confirmé une source au ministère britannique de la Défense.

À l'heure actuelle, Israël intensifie ses offensives au Liban, où de nombreux pertes humaines sont à déplorer suite à des frappes sur des positions affiliées au Hezbollah. Un correspondant de l'AFP a rapporté avoir vu des débris éparpillés dans les rues, témoignant de la violence de ces attaques.

Mustafa Ibrahim Al Sayed, un homme de 50 ans à Tyr, résume le climat actuel en disant : « Tout le monde a peur pour sa maison et sa terre, mais que peut-on faire ? »

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, quant à lui, qualifie de « capitulation » toute négociation sous pression أمام إسرائيل et appelle à annuler la récente décision des autorités libanaises d'interdire toute action militaire de sa formation.

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