Le Hezbollah a catégoriquement refusé, mercredi, d'envisager des négociations "sous le feu" face aux raids israéliens qui continuent de frapper ses bastions au Liban.
Selon le ministère libanais de la Santé, les bombardements israéliens ont résulté en 1.094 morts, dont 121 enfants, et plus de 3.000 blessés depuis le début des hostilités le 2 mars. Plus d'un million de personnes ont dû fuir leurs foyers.
Dans une déclaration relayée par la chaîne liée au Hezbollah, son dirigeant Naïm Qassem a qualifié de "capitulation" toute tentative de négociation dans un contexte de bombardements incessants, alors même que le gouvernement libanais plaide pour des dialogues.
Il a également exhorté les autorités libanaises à réexaminer leur décision de "criminaliser" l'acte militaire de son groupe, une interdiction instaurée au début du mois de mars.
Le Hezbollah a annoncé avoir réalisé plusieurs attaques ciblant l'armée israélienne, qui avance dans les zones frontalières, avec de nouvelles frappes sur la banlieue sud de Beyrouth et dans le sud du pays.
Le groupe a déclaré avoir utilisé plus de 100 roquettes pour cibler les forces israéliennes positionnées à Naqoura et Qawzah, ainsi que d'autres sites le long de la frontière.
Il a également revendiqué des attaques contre des localités du nord d'Israël, y compris Kiryat Shmona, sans toutefois faire état de victimes, selon les autorités israéliennes.
Le ministre israélien de la Défense a annoncé mardi que les forces israéliennes opéraient à l'intérieur du Liban pour établir une ligne de défense jusqu’au fleuve Litani, situé à environ 30 kilomètres de la frontière.
Parallèlement, des frappes aériennes israéliennes ont également ciblé la banlieue sud de Beyrouth dans la nuit, selon l'agence ANI.
Israël a ordonné l'évacuation de plusieurs quartiers de cette région, jugés comme bases du Hezbollah, en prévision d'opérations militaires.
Un correspondant de l'AFP a observé, après une frappe matinale, des débris et des structures en ruine témoignant de l'ampleur des destructions.
Depuis le 2 mars, le Liban est pris dans un tourbillon de violences, Israël bombardant continuellement la banlieue sud de Beyrouth, où beaucoup d'habitants ont déjà fui.
- Deux secouristes tués -
Mardi, dans la ville de Nabatiyeh, deux secouristes ont trouvé la mort à la suite d'un raid israélien, portant à 42 le nombre total de soignants libanais tués depuis le début des hostilités, selon le ministère de la Santé.
Ce dernier a dénoncé une obstruction aux opérations de sauvetage, qualifiant ces actes de violation du droit international humanitaire.
En retour, l'armée israélienne a indiqué avoir frappé un "centre de commandement" du Hezbollah et des stations-service soupçonnées de financer le groupe.
Israël a également annoncé l'élimination de plusieurs centres de commandement du Hezbollah et la destruction d'un dépôt d'armes, sans préciser le nombre de combattants tués.
À Tyr, une ville historique à une vingtaine de kilomètres de la frontière israélienne, environ 20.000 personnes, dont 15.000 déplacés, se sont regroupées dans le quartier chrétien, le seul encore épargné par les frappes.
"Nous n'abandonnerons pas notre terre, nos cœurs sont ici", a déclaré Khalil, l'un des résidents qui ont choisi de rester malgré l'isolement croissant.
Le ministre israélien a averti que les centaines de milliers d'habitants du sud du Liban qui ont été évacués ne retourneront pas tant que la sécurité des habitants du nord d'Israël ne sera pas garantie.
Israël, après avoir envahi le Liban en 1982, avait établi une zone tampon qui a duré jusqu'à son retrait en 2000 à l'issue de combats acharnés avec le Hezbollah.







