À Pauillac, une commune du Médoc près de Bordeaux, l'issue des élections municipales suscite une vive controverse. La liste du Rassemblement National (RN) ainsi que la candidate sans étiquette, Julie Costa, dénoncent des irrégularités constatées dès le premier tour. Cette situation a conduit à des appels à l'annulation des résultats.
Lors du scrutin, Florent Fatin, le maire sortant sans étiquette, a été évincé, récoltant seulement 28,4 % des voix avant de se retirer. Philippe-Pierre Barraud, candidat divers, a été élu maire au second tour avec 51 % des suffrages, ne devançant que de 40 voix Anne Charry, la candidate du RN, accompagnée de l'ex-député Grégoire de Fournas.
Deux recours ont été annoncés qui seront déposés auprès du Conseil d'État d'ici vendredi. Le premier recours provient de la conseillère municipale Julie Costa, qui conteste l'annulation de ses propres voix au premier tour. Selon les informations rapportées par Sud Ouest, Fatin a déclaré nuls tous les bulletins en raison de l'absence de mention de la nationalité d'un de ses colistiers, une décision qui soulève des interrogations sur l'application du code électoral. Avec 18,48 % des bulletins jugés nuls, Costa aurait pu se maintenir au second tour si ces votes avaient été pris en compte.
Parallèlement, la liste RN soulève d'autres irrégularités pouvant avoir un impact sur la validité du scrutin. Grégoire de Fournas a exprimé ses préoccupations : « Nous avons des doutes sur la domiciliation d'une trentaine de membres de la communauté des gens du voyage ainsi qu'une trentaine d'individus d'origine roumaine. De plus, 80 signatures de votants montrent des incohérences entre le premier et le second tour. » Pour lui, ces éléments pourraient compromettre la transparence des élections. « Le résultat a été décidé avec à peine 40 voix d'écart, et l'annulation des voix de Julie Costa est intervenue dans des conditions controversées après le dépouillement. Nous avons réuni un ensemble de preuves solides », a-t-il affirmé.
En attendant, les deux principaux protagonistes, Florent Fatin et Philippe-Pierre Barraud, n’ont pas encore commenté la situation.







