Élu ce dimanche 22 mars à la tête de la ville, Thomas Cazenave a promis durant sa campagne de « rallumer » les lumières des rues concernées par un plan d'extinction lancée par l'ancienne municipalité, particulièrement sur la place de la Bourse, un emblème de la ville. En plaisantant, il a déclaré : « J'imagine qu'il y a un compteur quelque part, donc j'irai et je rallumerai, c'est concret, ça ne prendra pas dix ans », faisant rire l'audience lors d'un débat avec Sud Ouest.
Si le concept semble simple, le chemin vers une réillumination effective de Bordeaux se dessine plus complexe. La place de la Bourse est actuellement plongée dans l'obscurité, car le système d'éclairage est obsolète et nécessite un remplacement complet. Cela représente un investissement conséquent, d'une fourchette estimée entre 1,6 million et 2,4 millions d'euros, ainsi qu'une série de négociations avec la Chambre de commerce et de l'industrie (CCI) et les Douanes, propriétaires des installations énergétiques.
Trop obsolète
Des sources locales rapportent que le maire précédent, Alain Juppé, avait accepté que la ville prenne en charge le coût de l'éclairage sur la Bourse, mais des travaux récents ont entraîné le démontage d'un système devenu obsolète. « Il était devenu trop obsolète pour rallumer en toute sécurité », a souligné Denis Congiu, directeur de cabinet du maire sortant, Pierre Hurmic, dans une interview à Sud Ouest. De son côté, la Ville a approché des technologies énergétiquement plus efficaces afin de revitaliser cette place emblématique.
« J'imagine qu'il y a un compteur quelque part, donc j'irai et je rallumerai, c'est concret, ça ne prendra pas dix ans »
En attendant, l'obscurité s'est également associée à un plan d'extinction des lumières initié par la majorité précédente afin de réduire la facture d'énergie de la ville. Ce plan, mis en place en 2022, visait à éteindre une partie de l'éclairage public pendant la nuit, ce qui était censé générer une économie de 1,26 million d'euros sur deux ans, selon les chiffres fournis par la mairie.
Un conflit qui traîne
Dans l'entourage de Cazenave, certains s'interrogent sur le fait qu'il n'ait pas anticipé ce problème lorsqu'il était ministre. Des conflits d'intérêt avec la CCI, qui se sont accumulés au fil des années, compliquent davantage la situation. « Moi, je prends l'engagement d'appeler rapidement le président de la CCI et de résoudre ce problème », a promis Cazenave lors d'une interview de campagne. L'avenir de l'éclairage à Bordeaux repose sur les efforts conjoints de la municipalité et des parties prenantes, mais l'espoir d'un retour à la lumière est loin d'être réalisé.







