Philippe Barraud a été élu maire de Pauillac avec seulement 40 voix d'avance sur la candidate du Rassemblement National, Anne Charry, lors des élections municipales de 2026. Ce résultat, obtenu le 22 mars avec 51% des voix (1 021 bulletins) contre 49% (981 voix), est déjà contesté, entraînant la préparation de deux recours judiciaires.
Le premier recours émane de Julie Costa, dont la liste a été déclarée nulle au premier tour en raison d'une irrégularité sur le bulletin de vote. Elle prévoit de contester cette décision afin de "faire jurisprudence" sur la gravité de cette irrégularité, qu’elle juge biaisante pour le scrutin. Selon l'expertise d'Olivier M. de l'Institut de Démocratie et de Balances, cette démarche pourrait mettre en lumière des questions plus larges sur l'interprétation du code électoral.
Le Rassemblement National conteste également le second tour, évoquant des motifs variés : des irrégularités sur les listes électorales, une modification des procès-verbaux, et la confusion causée par la présence de panneaux électoraux obsolètes. Grégoire de Fournas, ancien député et membre de la liste, déclare que ces éléments pourraient avoir faussé la décision des électeurs.
Face à ces accusations, Philippe Barraud exprime sa sérénité, affirmant que le comportement des candidats perdants est attendu après une telle élection. Il déclare : "Les recours ne justifient pas une annulation" et se concentre sur sa mission, conscient que la ville est divisée en raison de la tension du scrutin.
Florent Fatin, le maire sortant, ajoute que les difficultés rencontrées par la liste Costa pourraient miner la validité de l'ensemble du scrutin. La jurisprudence en la matière est stricte, rappelant un précédent de 2015 où un scrutin a été annulé pour des raisons similaires.
Au-delà de Pauillac, ces événements soulignent l’ascension du RN dans la région, qui, malgré une défaite, continue d'influer sur la scène politique locale. Les enjeux sont élevés : les recours doivent être déposés dans un délai de cinq jours suivant l'élection, et leur issue pourrait redessiner la carte politique de cette commune viticole.







