Le Patriarche latin de Jérusalem, accompagné du chef des franciscains pour la Terre sainte, a été empêché d'accéder à l'église du Saint-Sépulcre pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux. Cette situation a été qualifiée par le Patriarcat latin de « première fois depuis des siècles », illustrant une escalade des tensions
Dans un communiqué, le cardinal Pierbattista Pizzaballa et le Custode Francesco Ielpo ont indiqué avoir été arrêtés alors qu'ils se déplaçaient pour une visite privée, les obligeant à faire demi-tour. Ce blocage constitue un événement historique pour l'Église, qui a exprimé de vives préoccupations concernant le manque de respect pour une tradition vénérée par des milliards de fidèles dans le monde entier.
« En conséquence, et pour la première fois depuis des siècles, les chefs de l'Église ont été empêchés de célébrer la messe », a souligné le communiqué, ajoutant que cet incident pourrait créer un précédent inquiétant. Ce refus d'accès, perçu comme une atteinte aux libertés religieuses, a suscité des réactions indignée de la part des communautés chrétiennes et d'experts.
Contactée par l'AFP, la police israélienne n’a pas encore offert d’explication sur cet incident. Depuis les récentes mesures de sécurité instaurées à la suite des tensions, les grands rassemblements religieux ont été drastiquement limités, soulignant une situation de crise dans la région.
La célébration du dimanche des Rameaux est symbolique. Elle commémore l’arrivée triomphale du Christ à Jérusalem, un événement central dans les traditions chrétiennes. Cette année, le Patriarcat latin a également annulé la procession traditionnelle partant du mont des Oliviers, un événement exceptionnel qui attire des milliers de pèlerins.
« Les chefs des Églises se sont toujours conformés aux restrictions », a déclaré le Patriarcat, en réponse à cette situation précaire. « Empêcher l'entrée des figures ecclésiastiques de premier plan représente une décision injustifiée », poursuit le communiqué.
Malgré cela, un rassemblement discret de chrétiens palestiniens a eu lieu au monastère Saint-Sauveur pour marquer ce jour sacré. Nombreux sont ceux, comme André, 51 ans, qui se sont tous dits déçus par cette situation, espérant un retour à la normalité. « C'est très triste. Nous attendons avec impatience de pouvoir recommencer ces célébrations », confie-t-il.
Simon Hosh, 25 ans, partage ce sentiment : « C'est dommage de devoir renoncer à des célébrations dans la rue alors que tant de personnes viennent du monde entier pour le dimanche des Rameaux. »
Selon les données récentes du patriarcat latin, la population chrétienne en Terre sainte est tombée sous les 2%, alors qu’ils représentaient plus de 18% lors de la création d'Israël en 1948. Cette diminution met en lumière un enjeu crucial pour l'avenir des communautés chrétiennes dans la région.







