Le 30 janvier dernier, un groupe de cinq sénateurs a déposé une proposition de loi, désormais connue sous le nom de loi Duplomb, visant à réintroduire temporairement un pesticide interdit en France. Ce mercredi, les auteurs de cette proposition ont demandé son intégration dans le projet de loi d'urgence agricole, une initiative qui ne manque pas de soulever des controverses.
Laurent Duplomb, en tête de cette initiative avec des collègues aux horizons politiques variés, a déclaré : "La ferme France ne peut plus attendre". Selon lui, l'avis rendu par le Conseil d'État sur le sujet donne un éclairage nouveau qui justifie cette réintroduction. En effet, la proposition, qui concerne principalement les secteurs de la betterave, de la noisette, de la pomme et de la cerise, vise à créer des dérogations pour l'usage d'une substance néonicotinoïde, régulièrement pointée du doigt pour ses effets nocifs sur la biodiversité.
Le Conseil d'État, tout en soulignant l'importance de la protection de la santé public, a estimé que l'objectif d'un intérêt général pouvait faire pencher la balance en faveur de cette législation, sous réserve que certaines garanties soient apportées. Ce text, qui avait déjà provoqué des vagues l'année précédente en insérant l'acétamipride, a été largement critiqué et censuré par le Conseil constitutionnel pour absence d'encadrement suffisant.
Un texte controversé
Alors que des manifestations ont eu lieu à Paris, rassemblant près de 200 organisations, le projet de loi suscite toujours de vives réactions. Des experts en environnement mettent en garde contre les risques potentiels liés à l'usage de tels produits. "L'introduction de pesticides interdits ne peut que compromettre les avancées en matière de durabilité", déclare Sophie Maréchal, biologue et défenseuse de la cause environnementale. Les modifications proposées incluent des précisions sur les délais d'application des dérogations et l'intégration de mises à jour scientifiques dans les dispositions législatives.
Le projet de loi d'urgence agricole, promis par le ministre Sébastien Lecornu après des mouvements d'agriculteurs cet hiver, doit être examiné en Conseil des ministres mercredi prochain. Les parlementaires sauront-ils alors prendre en compte les voix du public et des scientifiques dans cette problématique cruciale pour l'agriculture?







