Près de 400 avocats et magistrats, venus de tous les horizons de l'Ouest, se sont rassemblés le 10 avril devant le Parlement de Bretagne, à Rennes. Leur objectif : contester vigoureusement la réforme de la justice criminelle présentée par le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.
En tenue d'avocat, brandissant des pancartes avec des slogans tels que "la justice a besoin de moyens, pas de Darmanin", ils ont exprimé leur désaccord face à un projet de loi qu'ils estiment néfaste pour la justice. De nombreux avocats issus de divers barreaux ont fait le déplacement pour faire entendre leur voix, notamment au pied de la cour d'appel.
Le projet de loi remet en question des fondements de la procédure pénale, en introduisant un système de « plaider-coupable » en matière criminelle. Cette procédure alternative est conçue pour accélérer le traitement des affaires, en excluant les témoignages et les expertises. Cependant, pour les avocats, cette rapide mise en œuvre nuit gravement aux droits des victimes. Une avocate du barreau de Rennes évoque : "Ce n'est pas une loi faite en faveur des victimes. Elle cherche à compenser les délais excessifs de la justice, mais cela ne peut se faire au détriment des droits fondamentaux." Selon France Info, ce délai d'accélération pourrait engendrer des injustices notables.
Les critiques ne s'arrêtent pas là. La procédure de "plaider-coupable" permettrait de réduire jusqu'à deux tiers la peine des délinquants, laissant de côté les débats contradictoires. Comme le souligne Me Fouquet, avocat à Nantes : "Un accusé pourrait choisir sa peine sans que la victime ait son mot à dire. C'est une banalisation inquiétante de faits graves." Le magistrat Léo Gautron affirme aussi que cette gestion rapide de la justice compromet non seulement sa transparence mais aussi sa qualité. Il insiste sur le fait que "la publicité de l'audience est cruciale pour garantir l'intégrité de la justice."
Pour faire entendre leur préoccupation, les avocats prévoient une journée de "justice morte" le 13 avril, durant laquelle toutes les audiences seront suspendues. Cette action souligne leur engagement à défendre une justice équitable, face à une réforme qu'ils perçoivent comme précipitée et destructrice pour les valeurs essentielles de leur profession.







