À l'approche du 1er mai, le gouvernement a pris une décision exceptionnelle, permettant aux boulangers et fleuristes indépendants de faire travailler leurs employés volontaires ce vendredi. En effet, une directive ministérielle déroge au Code du travail, qui établit normalement ce jour férié comme chômé depuis 1948. Les salariés qui accepteront de travailler cette journée recevront une rémunération doublée.
La journée symbolise la Journée internationale des travailleurs, un jour souvent chômé pour tous les salariés. Cependant, cette année, des changements importants sont à prévoir.
Qui est concerné par cette dérogation ?
Selon le Code du travail, le 1er mai est officiellement un jour "férié et chômé". Les employés ont droit à une indemnité équivalente à leur salaire habituel. Camille Sparfel, avocate au cabinet Capstan, souligne : "C’est vraiment le seul jour férié où presque tout le monde ne travaille pas".
Néanmoins, le Code du travail précise que certains établissements essentiels, tels que les hôpitaux et les usines, peuvent déroger à cette règle. Ces services doivent prouver qu'ils ne peuvent interrompre leur activité, conformément aux interprétations des lois en vigueur.
Qu'en est-il des boulangers et fleuristes ?
Une position du ministère, confirmée en 1986, stipule que les secteurs d’activité comme la boulangerie peuvent demander à leurs salariés de travailler le 1er mai. Cependant, la Cour de cassation a mis fin à une interprétation trop laxiste de cette possibilité en 2006, stipulant que l'employeur devait démontrer la nécessité d'un travail ce jour-là. Les artisans, comme les boulangers et fleuristes, peuvent ouvrir leurs boutiques sans faire appel à des salariés, ce qui est généralement la norme.
Un nouveau paradigme pour le 1er mai en 2027 ?
Récemment, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a dévoilé un projet de loi pour une réforme significative de la journée du 1er mai. Ce texte propose que, sous certaines conditions établies par un accord de branche, les boulangers et fleuristes pourront faire appel à des salariés volontaires cette journée-là, avec une rémunération doublée. Cette initiative vise à améliorer le cadre légal pour ces professionnels tout en préservant la tradition.
Avant d’atteindre ce cadre juridique, une précédente proposition de loi d'un ancien Premier ministre, Gabriel Attal, a été abandonnée en raison de l'opposition des syndicats. Elle prévoyait d’élargir la portée de ce droit à un éventail plus large de commerces et d'établissements culturels.
Autorisation pour cette année
En attendant l'évolution prévue pour 2027, Sébastien Lecornu a annoncé une "instruction" pour permettre aux boulangers et fleuristes indépendants d’employer des volontaires dès ce 1er mai. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a néanmoins précisé ne pas avoir donné d'instructions spécifiques aux inspecteurs du travail, mais a exprimé sa confiance dans l'intelligence collective pour permettre cette flexibilité.







