Aurore Bergé, la ministre en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes, voit la possibilité d'un procès s'éloigner largement. En effet, elle n'a pas été mise en examen dans l'enquête, désormais clôturée, qui portait sur des soupçons de faux témoignage concernant ses relations avec une lobbyiste des crèches privées.
Cette situation fait suite à des allégations initiales avancées dans le livre-enquête "Les Ogres" de Victor Castanet, publié en septembre 2024. L'auteur, déjà récompensé par le prix Albert-Londres pour ses travaux sur le secteur des maisons de retraite, y évoquait un "pacte de non-agression" entre Bergé, alors en charge du portefeuille de la Famille, et Elsa Hervy, déléguée générale de la Fédération française des entreprises de crèches (FFEC).
Un courriel, révélé par M. Castanet, aurait d'ailleurs révélé que la ministre se montrait amicale à l'égard de Mme Hervy, en déclarant à sa directrice de cabinet que "c'est surtout une copine :) Elle sera très aidante avec moi".
Auditionnée le 30 avril 2024 par la commission d'enquête parlementaire sur le modèle économique des crèches, Bergé avait assuré n'avoir aucun lien personnel ou amical avec Elsa Hervy. Cette déclaration a suscité des doutes parmi certains députés de La France insoumise, qui soupçonnent la ministre d'avoir minimisé ses relations avec les lobbys.
Suite à un signalement du bureau de l'Assemblée nationale, une information judiciaire a été ouverte en début d'année 2025 pour déterminer si Bergé et la lobbyiste avaient effectivement une relation dissimulée. Les enquêteurs ont interrogé les deux femmes dans le cadre de cette affaire.
Cependant, lundi, le parquet général près la Cour de cassation a confirmé à l'AFP que "cette information judiciaire ouverte est clôturée". Il n'y a eu aucune mise en examen. Désormais, le ministère public doit se prononcer sur le sort de cette procédure, pouvant soit demander un non-lieu, soit solliciter de nouvelles investigations.
Le statut de témoin assisté de M. Bergé indique qu'elle n'est pas mise en cause dans cette enquête, et qu'il n'existe pas d'indices suffisants pour envisager une poursuite. "La décision appartient aujourd’hui aux magistrats de la CJR", a noté son avocate, Me Jade Dousselin, qui a également précisé qu'elle ne savait pas qui avait divulgué cette information.
Pour sa part, Aurore Bergé a toujours démenti les accusations à son encontre et a déposé une plainte en diffamation, tout comme la FFEC et Elsa Hervy contre Victor Castanet.
En parallèle, Me Albane Lancrenon, représentante de la FFEC et d'Elsa Hervy, a affirmé que ces dernières n'ont jamais entretenu de relations personnelles avec la ministre et que leurs échanges ont toujours été strictement professionnels. "Il est sain pour les ministres d'écouter aussi les acteurs de terrain", a souligné Hervy, tout en niant l’existence d’un pacte.







