Le syndicaliste et cheminot Anasse Kazib a déclaré lundi sa candidature pour l’élection présidentielle de 2027, représentant le mouvement Révolution permanente. Cette annonce met en exergue les fractures persistantes au sein de l’extrême gauche française.
A travers un clip diffusé sur les réseaux sociaux, Kazib a exprimé son intention de porter « une candidature ouvrière, communiste et révolutionnaire ». Cette annonce intervient cinq ans après son précédent échec à recueillir les 500 parrainages requis pour les élections de 2022, où il n'avait obtenu que 160 signatures d'élus, selon Valeurs Actuelles.
Pour la nouvelle campagne, l'organisation trotskiste affirme avoir déjà commencé à mobiliser le soutien des maires, bien que Kazib soit confronté à des défis juridiques : il devra comparaître le 25 juin pour des accusations d’« apologie du terrorisme » suite à des déclarations en faveur de la « résistance palestinienne » lors des attaques du Hamas en Israël le 7 octobre 2023.
A 39 ans, Kazib, qui vient de Sarcelles, est cheminot à la SNCF, syndicaliste à Sud Rail et ancien chroniqueur sur RMC. Son entrée sur la scène politique s’inscrit dans un contexte où l'extrême gauche, dominée par La France insoumise, semble plus fragmentée que jamais.
Une extrême gauche toujours plus fragmentée
Depuis l’ascension de Jean-Luc Mélenchon, les partis trotskistes peinent à s'imposer sur la scène électorale. Les résultats des élections présidentielle de 2022 témoignent d’une désaffection du public pour les candidatures de gauche radicale. Révolution permanente, qui a émergé après un schisme avec le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), critique les tendances qu’elle juge diluées et alignées avec le mouvement LFI, en négligeant les véritables luttes des travailleurs.
Le monde du travail a été la première opposition à Macron depuis 2017. Aujourd’hui, il est en première ligne de la crise. Pourtant, il est invisible dans les débats politiques et dans l’élection à venir.
Je suis heureux de vous annoncer qu’avec RP je suis candidat à la… pic.twitter.com/qJvRnJBX4J
June 1, 2026
Dans sa déclaration, Kazib et son mouvement critiquent l'orientation actuelle de l'extrême gauche, préférant aborder les enjeux contemporains de la classe ouvrière plutôt que de se fondre dans un bloc électoral élargi, consacrant ainsi moins d’attention à des problématiques sociétales pressantes.







