La Corse en quête d'autonomie : un projet constitutionnel au cœur des débats

Un avenir incertain pour l'autonomie de la Corse, soumise à la décision parlementaire.
La Corse en quête d'autonomie : un projet constitutionnel au cœur des débats
L'hémicycle de l'Assemblée nationale le 24 mars 2026 - MAGALI COHEN / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Le Parlement commence ce mardi 2 juin l'examen d'une réforme constitutionnelle visant à accorder une "autonomie" à la Corse. Les discussions se concentreront sur l'ampleur et les domaines d'application de cette autonomie.

En commission, les députés se penchent sur un texte qui cherche à donner à la Corse plus de latitude dans l'application des lois qui la concernent. Les positions sont diverses, reflétant des divergences au sein même des partis. Cette réforme, inspirée par les déclarations d'Emmanuel Macron durant les dernières années, est également le fruit de négociations avec l'Assemblée de Corse.

Dans l'après-midi, la commission des Lois auditionnera la ministre Françoise Gatel (Aménagement du territoire et Décentralisation) avant le retour de ce texte dans l'hémicycle le 16 juin.

Un enjeu politique majeur

Le débat s'annonce riche et complexe. Comme le souligne Florent Boudié (Renaissance), rapporteur du texte : "On parle de l'avenir institutionnel de la Corse dans la République, donc de l'avenir de la République". Toute la question réside dans la mesure de l'autonomie accordée. La réforme prévoit que les lois françaises puissent être adaptées aux spécificités de l'île, mais sous certaines conditions.

Des divergences au sein du gouvernement

Cependant, des voix s'élèvent au sein du gouvernement. François-Xavier Ceccoli (LR, Haute-Corse) critique le texte qu'il juge trop permissif en matière législative. Il insiste sur la nécessité d'un contrôle parlementaire accru pour éviter d'éventuelles dérives. Pour sa part, Laurent Marcangeli (député Horizons, Corse-du-Sud) plaide pour des compromis mais avertit contre une réduction excessive des compétences locales.

Réactions des oppositions

Le Rassemblement National ne cache pas son scepticisme et prévoit de soumettre une contre-proposition. De son côté, la gauche, bien que favorable au principe d'une autonomie, réclame des ajustements, notamment sur le plan social et environnemental, comme le définit Ugo Bernalicis (LFI).

Quant aux socialistes, leur position évolutive laisse espérer un consensus, comme l'indique Marc Pena : "Pour moi, un socialiste est un décentralisateur". Toutefois, il demeure vigilant face à la possibilité de tensions renouvelées en l'absence d'avancées significatives.

Ce projet de loi pourrait marquer une étape cruciale pour l'avenir de la Corse, tout en témoignant de l'équilibre délicat à maintenir entre l'autonomie locale et les prérogatives de l'État central.

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