Le 29 mai, Budapest et Bruxelles ont annoncé un accord marquant le dégel de 16,4 milliards d'euros de fonds, une somme équivalente à 13 % du budget annuel de la Hongrie, comme l'indique Telex. Le Premier ministre hongrois, Péter Magyar, a salué cet accord comme un moment historique, promettant une "architecture solide" pour garantir la lutte anticorruption et aborder les préoccupations liées à l'État de droit.
Andras Karman, ministre des Finances, a qualifié cet accord de signe de confiance envers la Hongrie, permettant d'ouvrir la voie à de nouveaux investissements. Néanmoins, il souligne que les blocages précédents étaient dus à des préoccupations concernant la corruption et les actions du gouvernement Orbán, qui sapait le fonctionnement démocratique.
Réformes nécessaires pour l'accès aux fonds
Cependant, des hésitations subsistent. Népszava rapporte que des centaines de millions d'euros demeurent inaccessibles à cause des débats sur la gestion des réfugiés et les droits LGBTQ+. Magyar est incité à réformer le système d’asile tout en refusant le pacte européen sur la migration. En outre, des changements doivent être apportés à la loi controversée de 2021 sur la "protection de l’enfance".
Une mise en garde lancée par Magyar Nemzet précise que le temps presse pour recevoir cet argent, notant que l'Europe souhaite éviter que le nouveau gouvernement hongrois n'utilise son veto sur des sujets sensibles, tels que l'immigration et les droits des genres. L'expert Laszlo Dornfeld souligne que les fonds seront révélés au compte-gouttes contre des engagements tangibles de la part de la Hongrie.
Zoltan Lomnici, constitutionnaliste cité par Origo, dénonce l'obligation de réformes rapides qui sont généralement la clé du déblocage des fonds. Il exprime ses préoccupations concernant l'intégration de la Hongrie au Parquet européen anticorruption, qu'il considère comme un "abandon de souveraineté".
Une monnaie revitalisée
Les conditions posées par l'Europe ravivent les questions sur les engagements de Péter Magyar. Janos Boka, ancien ministre des Affaires européennes, remarque que cet accord pourrait s'accompagner de compromis sur des sujets clés comme les retraites et la fiscalité. Le coût de cet accord préoccupe de nombreux experts.
Malgré ces incertitudes, l'accord de déblocage booste la monnaie hongroise, dont le forint a atteint son niveau le plus élevé depuis cinq ans. Selon Portfolio, le forint s'est apprécié de 2,9 % face à l'euro en mai, suivant l'élection de Magyar, traduisant une certaine confiance des marchés envers le nouveau gouvernement.







