Le Kremlin décrète que l'arraisonnement d'un pétrolier par la marine française s'apparente à de la piraterie internationale. Le navire était sous sanctions internationales, et une enquête pénale a été ouverte.
Suite à l'arraisonnement du Tagor, un pétrolier russe sous sanctions internationales, les tensions montent alors que Moscou dénonce des actes « illégaux », considérés comme « à la limite de la piraterie internationale », par le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Le pétrolier a été intercepté à plus de 740 km à l'ouest de Bretagne, selon la préfecture maritime de l'Atlantique.
Le navire, qui naviguait en provenance du port de Mourmansk pour rejoindre Limbé, au Cameroun, arborait un pavillon que la marine française considère comme incorrect. Cette décision d'interception est conforme à la convention de Montego Bay sur le droit de la mer.
Refus d'obtempérer du capitaine
Le capitaine, de nationalité russe, a « refusé à plusieurs reprises d'obéir aux consignes » des militaires français, entraînant une intervention nécessaire, a expliqué le procureur de Brest, Stéphane Kellenberger. L'examen des documents a confirmé les doutes sur la légitimité du pavillon présent, a ajouté la préfecture maritime. Selon le capitaine de frégate Guillaume Le Rasle, le pétrolier était « presque vide » au moment de l'arraisonnement.
Le parquet de Brest a rapidement ouvert une enquête pénale sur le refus d'obtempérer et le défaut de pavillon, confiée à la gendarmerie maritime. En mars, un commandant chinois d'un autre pétrolier avait été condamné à un an de prison et 150 000 € d'amende pour des infractions similaires, rappelle le tribunal correctionnel de Brest.
« Il est inacceptable que des navires contournent les sanctions internationales et soutiennent la guerre en Ukraine depuis plus de quatre ans », avait déclaré le président Emmanuel Macron sur X, lundi.
Le pétrolier, avec vingt-trois membres d'équipage, a été escorté par la Marine nationale « vers un point de mouillage pour des vérifications ultérieures », a précisé la préfecture maritime. En raison de sa distance, le trajet devrait prendre entre 24 et 48 heures.
D'une semaine, le système d'identification du navire (AIS) avait cessé d'émettre. Cette interception est la quatrième en France concernant des pétroliers russes, après l'Deyna et le Grinch, arrêtés en Méditerranée en mars et janvier, ainsi que le Boracay, arraisonné en septembre au large du Finistère.







